Bruxelles

De retour de soirée, un couple rentrant à pied chez lui s'est fait taper dessus par cinq jeunes alors qu'il passait devant la Bourse.

"Nous passons face à la Bourse, traversons le boulevard toujours main dans la main, et, sur le trottoir, un autre groupe d'adolescents traîne, nous regardent, nous sifflent dessus. Nous continuons obstinés notre chemin et cinq garçons du groupe en question nous suivent au long de la rue Paul Devaux (qui amène à la rue Sainte-Catherine), nous insultant, nous posant des questions ignobles sur notre intimité sexuelle, nous intimidant. Ils sont tous maigres et idiots, ayant l'air d'avoir à peine 18 ans", témoigne l'une des victimes.

"C. s'arrête, essaie de dialoguer... J'ai peur, j'ai juste envie de partir avec lui, d'être chez moi", poursuit le mari de C. "Ils l'entourent, C. repousse les deux qui s'énervaient le plus, je leur crie dessus qu'ils nous laissent en paix, ils nous haïssent, ils nous n'écoutent pas. Je prends la main de mon mari en disant adieu plusieurs fois aux petits cons, voulant juste qu'on sorte de cette situation, qu'on disparaisse. Ils font semblant de partir, on poursuit notre chemin, quand l'un d'entre eux donne deux coups de poing sur la nuque de C. par derrière son dos et ils partent tous en courant." Puis reviennent à la charge. Quatre d'entre eux se mettent à tabasser C. une nouvelle fois : des coups de poings répétés dans la nuque.

agression
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Le conseiller communal bruxellois Michaël François (Défi) a déjà alerté les autorités locales sur les agressions homophobes perpétrées du côté de la Bourse, mitoyen du quartier LGBT (le triangle Saint-Jacques, Bourse, Saint-Géry). "J'ai déjà demandé des statistiques en matière d'agression homophobe, via les amendes administratives", explique-t-il. "Mais la Ville de Bruxelles ne distingue pas agression (verbales ou physiques) et actes sexistes lorsque les agents sanctionnateurs délivrent des amendes administratives. La réalité est que ces amendes ne sont pas efficaces car il faut un flagrant délit."

L'agression dont ont été victimes C et son mari relève du parquet de Bruxelles, pour autant que le couple ait porté plainte. A la police non plus, on ne sait pas évaluer l'ampleur du phénomène homophobe dans le centre-ville. Pour Michaël François, la situation devient pourtant critique. "Je connais beaucoup de gens de la communauté LGBT qui en ont plus que marre", explique-t-il. "Cela m'inquiète car le discours dominant devient de plus en plus dur, parfois même xénophobe, vis-à-vis de la communauté voisine du quartier gay (la population d'origine marocaine installée massivement dans le quartier Anneessens, NDLR). Je suis assez pessimiste car on ne prend pas le problème à bras le corps. Certes, la Ville subventionne des associations, la Belgian Pride a pris possession du centre-ville depuis plusieurs années,... Mais c'est très insuffisant et les décideurs politiques ne prennent pas le problème assez au sérieux : il faut (ré)éduquer et sévir aussi !"