Bruxelles Un centre musulman a récolté le million d’euros qui pourrait lui permettre d’ouvrir une crèche à la rentrée, puis une école en 2016.

"La maison de maître qui accueillera la crèche fait bien 400 m2, tandis que les lieux, composés de différentes structures, sont encore beaucoup plus spacieux", se réjouit Cimane El Bakkali, du centre El Hikma. Le vice-président de ce centre d’activités musulmanes, situé non loin de la Gare du Midi, a une bonne raison de sourire. C’est que lui et les autres responsables d’El Hikma ont réussi le pari qu’ils s’étaient lancés voilà un an : réunir le million d’euros nécessaire à la création d’une nouvelle école respectant les préceptes de l’islam.

"Cet argent va servir à financer l’achat du bâtiment avec lequel on a déjà un accord avec le propriétaire", ajoute-t-il.

Le projet d’école, qui consiste en un établissement fondamental d’environ 450 élèves, ne pourra néanmoins voir le jour qu’au plus tôt à la rentrée 2016. Il est en effet trop tard pour créer de toutes pièces un établissement en règle pour le 1e septembre. Reste une autre condition importante : obtenir le feu vert de la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH).

En attendant que la future école puisse voir le jour, le centre El Hikma espère ouvrir une crèche dès octobre. "Contrairement à une école, une crèche peut être ouverte à n’importe quel moment de l’année. Même si on commencera avec 10 à 15 bébés, l’objectif est d’accueillir à terme entre 40 et 60 bébés", explique-t-on du côté du centre forestois.

L’annonce du projet El Hikma confirme en tout cas, qu’en matière d’écoles confessionnelles musulmanes, la demande dépasse aujourd’hui l’offre existante.

La grande majorité des dons proviendrait d’ailleurs simplement , selon les porteurs du projet, des habitants de la commune eux-mêmes. La Libre vient, elle, d’annoncer l’ouverture, en septembre, à Schaerbeek de la première école secondaire islamique du pays. Quant aux trois écoles fondamentales reconnues par la Communauté Française, toutes situées à Bruxelles, elles doivent refuser chaque année des inscriptions.

"Même s’il s’agit d’une école musulmane, ce serait une fierté d’accueillir des non-musulmans ! Cela signifie que notre objectif d’enseignement d’excellence a été atteint", insiste en tout cas Cimane El Bakkali.