On lui interdit l’accès à la prison

N. G. Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Beaucoup veulent en sortir, mais Luk Vervaet aimerait bien pouvoir entrer à nouveau dans la prison de Saint-Gilles

SAINT-GILLES Ils étaient une vingtaine de militants des droits de l’homme, hier, à manifester pour que Luk Vervaet (60 ans) puisse à nouveau fouler le sol de la prison de Saint-Gilles mais aussi à soutenir les enseignants qui ne peuvent plus dispenser leurs cours depuis que l’établissement pénitentiaire est en grève. Luk Vervaert a enseigné le néerlandais pendant 6 ans à des détenus de la prison. Il y a trois ans, l’administration pénitentiaire lui interdit l’accès à toutes les prisons belges.

Travaillant dans une ASBL qui dispense des formations aux détenus, le professeur est licencié. “Je suis interdit pour des raisons de sécurité mais ils n’ont jamais pu être plus précis car selon eux, c’est une question de sûreté nationale”, explique Luk Vervaet en marge de la manifestation. Le sexagénaire a donc entamé diverses actions en justice allant jusqu’au Conseil d’Etat. “Il m’a donné raison il y a un an, intimant au ministère de la Justice de me fournir une explication sur la situation. Mais depuis un an, c’est le silence radio”, poursuit-il.

Le professeur a tout de même une petite idée sur les raisons de son exclusion. “Je suis un militant politique engagé dans différents mouvements de défense des droits de l’homme. J’ai pris position contre le traitement imposé aux détenus jugé pour terrorisme”, explique Luk Vervaet. Il s’est ainsi opposé à l’extradition et à l’isolement de Nizar Trabelsi (qui avait planifié un attentat terroriste contre la base militaire américaine de Kleine-Brogel).

Hier, la vingtaine de militants des droits de l’homme demandait à ce que le professeur soit réintégré. Tous scandaient : “On a le droit de défendre les droits des prisonniers”.



© La Dernière Heure 2012
Publicité clickBoxBanner