Bruxelles

BRUXELLES

La nuit, les 11 hectares du parc sont partagés entre Maghrébins et Européens de l’Est

PROSTITUTION “C’est un fait avéré. Le parc de Bruxelles est reconnu pour être un lieu de rencontre entre homosexuels. Et certaines de ces rencontres, je dirais un quart d’entre elles, sont tarifées.”

Le seul habitant du parc de Bruxelles, Éric d’Huart, rend les armes : à la fin de la semaine, il aura quitté le Vauxhall, où il résidait depuis 23 ans. Le parc de Bruxelles, il ne le supporte plus.

“Pardonnez-moi l’expression mais on baise sous mes fenêtres sans savoir que quelqu’un habite dans cette maison” , se plaint-il. “C’est devenu invivable” , martèle-t-il. “Le parc de Bruxelles n’est plus l’oasis de paix qu’on pourrait croire.”

Depuis les fenêtres de son salon, chaque soir, c’est le même cauchemar au menu : prostitution, racket et agressions.

“Le parc de Bruxelles se transforme la nuit tombée” , explique-t-il. “Je vois de jeunes enfants aller au-devant d’adultes qui attendent. Plus loin, un autre adulte attend, souvent pour racketter la victime par après. J’ai déjà été réveillé par des cris et de ma terrasse, j’ai vu quelqu’un se faire rouer de coups. J’en avais les jambes qui tremblaient. Le temps d’appeler la police, j’ai vu la victime péniblement se relever et s’en aller…”

Les 11 hectares du parc de Bruxelles semblent, de plus, être divisés en deux parties. L’une, côté Palais royal, est sous “contrôle” albanais. L’autre, côté Parlement, est “sous le joug” de la prostitution maghrébine, apparemment plus calme que l’albanaise.

“Rien ne m’échappe. Je vois tout, j’entends tout” , insiste Éric d’Huart. “Des hommes attendent, font les cent pas juste devant ma haie dès 16 h, 17 h. Mais vous savez, tout cela se fait sans joie” , indique-t-il, précisant que les capotes usagées abandonnées sur place témoignent de l’activité de la veille, les ouvriers de la ville ne ratissant le parc qu’une fois par semaine. “Le week-end, les enfants jouent et ramassent ces capotes, puis se les lancent sans savoir de quoi il s’agit.”

Du côté de la police de Bruxelles, on nie l’existence d’un réseau de prostitution dans le parc royal. “C’est un point de rencontre, c’est tout, et c’est comme ça depuis trente ans. La police patrouille et fait des contrôles. La police partie, ça reprend. La seule chose sur laquelle elle peut réagir, c’est sur l’outrage aux bonnes mœurs.”



© La Dernière Heure 2010