Bruxelles

Le ministre SP.A a dit : "Dans certains aspects, on peut comparer Bruxelles à une prostituée, parfois accueillante parfois pas".

Connu pour son franc-parler et ses déclarations cash, le ministre bruxellois SP.A Pascal Smet est allé un pas trop loin la semaine passée lors d'une interview accordée au site d'information Politico et diffusée ce matin via podcast. Le SP.A y présentait son projet One-Bruxelles. Au gré de la discussion, Pascal Smet a utilisée un métaphore "inappropriée", nous confie son porte-parole Marc Debont. "On n'utilise pas ce genre de terme pour qualifier une ville". A savoir : "Je compare souvent Bruxelles à une prostituée (a whore, a prostitute, dit le ministre) parce qu’en même temps elle est belle, excitante et déplaisante. C’est attirant et en même temps repoussant. C’est beau dans sa laideur et c’est laid dans sa beauté. C’est une ville duale qui ne se rend pas la tâche facile mais une fois qu’on en tombe amoureux on le reste".


Face au tollé suscité sur les réseaux sociaux - surtout côté francophone -, Pascal Smet s'est très rapidement excusé via Twitter : "Bruxelles est une ville duale. Attrayante et parfois pas. C'était le message. La comparaison était inappropriée. Je m'en excuse. Ceux qui me connaissent savent mon amour et la passion pour ma ville. #ilovebxl", a-t-il déclaré sur son compte Twitter.


Vincent De Wolf exige la démission de Pascal Smet

Côté réactions, pointons celle du député bruxellois Ridouane Chahid (PS), qui estime que "la comparaison faite par Pascal Smet est inacceptable et ne peut être tolérée. Quand on n'est pas fier de sa région on ne peut pas rester dans son gouvernement", tance l'Everois. "J'invite, encore une fois, le ministre Smet à se concentrer sur son job ! La politique de mobilité demande un ministre à temps plein qui ne passe pas son temps à rêver à d'autres choses à d'autres choses qu'à décongestionner la Région bruxelloise".

Le libéral Vincent De Wolf demande carrément la démission de Pascal Smet : "Ses déclarations sont scandaleuses et inacceptables, elles portent atteinte à l'image de Bruxelles et des Bruxellois. Elles sont indignes dans le chef de tout mandataire politique et donc a fortiori dans le chef d'un ministre bruxellois. Les excuses tardives n'y changent rien.

Le chef de groupe MR au Parlement bruxellois va saisir aujourd'hui le bureau élargi d'une modification de l'ordre du jour en vue d'entendre d'urgence devant le Parlement le ministre-président sur la réaction officielle du gouvernement et les mesures qu'il entend prendre à l'égard de son ministre.




Devant le parlement, R. Vervoort lance un appel à la sérénité sans excuser le ministre

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a lancé vendredi après-midi au parlement bruxellois un appel à la sérénité, dans l'intérêt de Bruxelles et de ses habitants, après les propos du ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a) comparant la capitale à une prostituée. M. Vervoort n'a pas pour autant excusé son ministre.

Il avait été invité à s'exprimer en séance plénière à la suite d'une demande d'explication en urgence formulée vendredi midi en bureau élargi par le chef de file de l'opposition libérale, Vincent De Wolf. Celui-ci a réitéré vendredi après-midi sa demande de démission du ministre sp.a.

M. Smet a provoqué des réactions indignées de la classe politique, vendredi matin, en comparant Bruxelles à une prostituée, dans une interview audio au magazine Politico. Le ministre sp.a a présenté ses excuses pour cette comparaison qu'il reconnaît inappropriée.

"Je n'ai de cesse de m'insurger à ce qui convient d'appeler le 'brussels bashing' auquel nous sommes confrontés depuis la naissance de la Région. Je ne peux que regretter qu'à un moment on se l'applique à nous-mêmes. Ceci s'adresse à tout le monde et cela n'empêche que l'on puisse débattre mais pour autant que cela se passe d'abord entre Bruxellois. Nous devons montrer que nous sommes capables de porter ensemble un projet que notre population attend de nous", a commenté M. Vervoort (PS).

Le ministre-président bruxellois a par ailleurs dit comprendre que les propos tenus puissent heurter, surtout à travers des comparaisons qui ne passent plus face à "l'exigence de principe d'égalité à laquelle nous devons nous conformer et indépendamment des intentions des propos tenus".

De son côté, le vice-président du parlement bruxellois, la socialiste flamand Fouad Ahidar a dit condamner les propos tenus par Pascal Smet. "Je pense que mon parti ne les cautionne pas non plus. Je pense que le ministre s'est excusé et aussi que ce sera la première et la dernière fois", a-t-il conclu.

Le collectif Utsopi se dit profondément choqué

Le collectif de défense des travailleurs du sexe Utsopi s'est dit profondément choqué par les propos tenus par le ministre régional de la Mobilité. "Merci Pascal Smet de nous donner encore du contenu pour dimanche, la journée contre les violences faites aux travailleurs du sexe, mais ce n'était pas vraiment nécessaire", a déploré le collectif sur les réseaux sociaux.

Dans la même veine, le Conseil des Femmes Francophones de Belgique condamne fermement les propos tenus par Pascal Smet selon lesquels Bruxelles s'apparenterait à une prostituée. "Ses propos misogynes sont inadmissibles ! La violence de ce regard social à travers des propos humiliants et des insultes est d'une violence inouïe envers les personnes prostituées et les femmes. Ces propos doivent être fermement condamnés. Ils n'ont aucune place dans notre société et encore moins dans la bouche d'un ministre !", s'insurge sa présidente Viviane Teitelbaum (MR).