Bruxelles

Les propriétaires qui mettent leur garage à disposition peuvent gagner jusqu'à 1.000 euros par an.

Pasha, start-up technologique spécialisée dans la mobilité, propose aux habitants de Bruxelles de partager les emplacements de parking situés sur la voie publique devant leur garage privé. Pour rendre cela possible, Pierre Van Nieuwenhove et Salvatore Arrigo, à l'initiative de ce projet, ont imaginé une application dotée d'un système de géolocalisation et qui fonctionnerait aux côtés d'une signalétique composée d'un écran connecté. Cette plaque signalétique fixée au garage en question permettrai d'afficher le numéro de plaque de la voiture garée juste devant au moment même.

Concrètement, les utilisateurs de l'application et du site internet ont le choix: devenir propriétaire, ou locataire. Ainsi, toute personne possédant un garage privé peut décider de le rendre accessible via cette application, et tout automobiliste cherchant vainement une place peut ouvrir l'application, et voir les garages disponibles. "Un utilisateur qui met son parking à disposition peut gagner entre 500 et 1.000 euros par an grâce à ça. C'est une bonne manière de rentabiliser son garage quand on est pas là", explique Salvatore Arrigo.

Une fois que l'utilisateur est dans l'application, il lui suffit de regarder quelle place sont disponibles pour la tranche horaire qui lui convient, et d'indiquer combien de temps il va rester.

En utilisant ce service, l'automobiliste va payer le temps exact consommé, à raison de 50 centimes à 1,20 euro par heure, en fonction de la zone. Le propriétaire, lui, doit payer la signalétique Pasha 1,50 euro par mois.

L'application et le site web seront disponibles dès le 15 août prochain. D'ici là, les fondateurs espèrent obtenir 500 places de garage, ou plus. "Rien qu'à Bruxelles, il y a 60.000 garages privés. On estime que le temps consacré à la recherche d'une place de stationnement s'élève plus ou moins à 15 minutes...Cette solution peut permettre de décongestionner une bonne partie de la mobilité à Bruxelles", explique Pierre Van Nieuwenhove. Et si l'application arrive à louer 5.000 signalétiques, les fondateurs ont calculé qu'ils pourraient réduire la pollution bruxelloise de 3%.

Dès janvier 2019, l'utilisateur pourra aussi utiliser des nouvelles fonctionnalités telles que le "Jerking" qui permettra de signaler les voitures ne respectant pas le temps qui leur est imparti et le "dejerking" pour signaler quand la place est à nouveau libre.


Pas les premiers sur le marché

Si l'idée semble lumineuse, elle n'est toutefois pas nouvelle. Depuis quelques années, l'idée de partager des places privées au profit du parking à Bruxelles fait partie des débats sur la mobilité. Il y a deux ans, en sortant de leurs études à Solvay, Victor Boels et William Detry ont d'ailleurs lancé l'application Sharemypark. En véritables pionniers du Airbnb du parking à Bruxelles, les deux jeunes entrepreneurs ont innové cette "uberisation" des garages dans la capitale. Leur mode d'emploi? Une plateforme qui met en contact propriétaires d'espaces de parking - particuliers et d'entreprises - avec des automobilistes qui veulent trouver une place. L'application géolocalise les places disponibles ainsi que les tarifs qui y sont liés. Connaissant un succès éclair et fulgurant, la start-up s'est fait racheter en mars dernier par les Irlandais de Parkpnp.

 

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