Bruxelles Elle déplore le fait que la patrouille de police ait refusé d’acter sa plainte alors qu’elle s’était déjà fait agresser récemment.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Isabelle, une habitante du parc du Peterbos à Anderlecht dit avoir été harcelée devant la porte de son domicile par son ex-mari qui tentait d’entrer chez elle par effraction. À 00h56, elle a appelé le dispatching de la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) afin d’obtenir de l’aide. Ne voyant aucune patrouille arriver sur les lieux, elle a redonné un second coup de fil à 1h16.

"Mais ce n’est qu’à 2h qu’une patrouille s’est présentée à mon domicile, alors que mon ex-mari, qui n’en est pas à son coup d’essai, avait déjà pris la fuite, mon nouveau compagnon ayant réussi à le faire partir", explique Isabelle.

Selon elle, une fois arrivés sur place, les quatre policiers ne l’ont pas prise au sérieux et ont refusé d’acter sa plainte malgré les violences conjugales survenues ces dernières années. "J’ai déjà eu de graves problèmes avec mon ex-mari dans le passé, avec qui je suis séparée depuis trois ans. Nous avons une fille de 7 ans ensemble et il n’a pas de droit de visite, ni le droit de s’approcher de mon domicile. Il a pourtant déjà tenté par deux fois de kidnapper mon enfant et est signalé auprès des services de police. Il doit purger 2 ans de prison et avoir 5 ans de suivi psychologique. De plus il me harcèle régulièrement par téléphone, s’en est déjà pris à mes parents et m’a juré que le jour où je revoyais quelqu’un, c’était la mort assurée. Mais malgré tous ces éléments et ces menaces envers moi et mes proches, ma plainte n’a pas été prise au sérieux", s’insurge cette riveraine.

Le 24 mai dernier, cette dame dit avoir déjà été agressée au Westland Shopping par ce même individu. Le conseiller de police Alain Kestemont (Défi) a été avisé de cette situation et a dès lors interpellé le conseil de police. "Cette Anderlechtoise avait également appelé le dispatching de la zone pour recevoir de l’aide après l’agression survenue au Westland Shopping, et aucune patrouille ne s’était présentée, arguant du fait que la patrouille envoyée sur place n’aurait tout simplement pas trouvé la sonnette de l’intéressée !", s’étonne Alain Kestemont.

"De tels faits sont totalement inacceptables et prouvent une nouvelle fois des dysfonctionnements importants dans la gestion de notre zone de police", poursuit Alain Kestemont, qui dans sa question au conseil de police réitère sa demande de réaliser un audit du service d’intervention, comme déjà demandé de manière conjointe l’année dernière avec Philippe Debry (chef de groupe de l’opposition Ecolo et également conseiller de police).

Contactée, la zone de police confirme avoir envoyé deux patrouilles sur place. "Une fois sur les lieux, l’homme était parti et la victime ne disposait pas du document du jugement attestant que l’homme ne pouvait approcher le domicile. Aucun P-V n’a donc été dressé", explique la porte-parole de la zone.

A. F.