Bruxelles La tendance est tout autre en 2018 puisque 11 saisies ont déjà été enregistrées : 4 chiens et 7 moutons.

Animal blessé, sous-alimenté, mal nourri, malade, etc. Les cas de saisies d’animaux sont très variés. Ainsi, sur l’ensemble de l’année 2017, quelque 21 saisies d’animaux maltraités ont été réalisées par la police : 14 chiens, quatre chèvres, deux porcs et un chat. Un nombre en diminution constante depuis 2015, puisque 57 saisies ont été enregistrées en 2015 et 36 en 2016. Des chiffres communiqués par le cabinet de la secrétaire d’État en charge du Bien-être animal Bianca Debaets (CD&V) suite à une interpellation du député Gaëtan Van Goidsenhoven (MR).

"D’après le sentiment affiché par les différentes associations de défense de la cause animale, il ressort que la diminution du nombre de saisies depuis 2015 est un mauvais signal et témoigne de la difficulté d’identifier les animaux maltraités, explique le député. La comparaison avec la situation en Région wallonne ne plaide pas en faveur de la situation bruxelloise. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il reste du pain sur la planche pour que cette compétence régionalisée en 2015 soit pleinement maîtrisée."

En revanche, la tendance est tout autre pour l’année 2018 puisque 11 saisies ont déjà été enregistrées (4 chiens et 7 moutons) !

Concrètement, le grand public a trois moyens de porter plainte : via la police, via le service bien-être animal de Bruxelles Environnement, soit directement au refuge. "Nous travaillons en étroite collaboration avec la police locale qui nous contacte lorsqu’une plainte est enregistrée. Nous allons alors au domicile du propriétaire pour récupérer l’animal, explique Ludivine Nolf, porte-parole de Veeweyde. On le garde au refuge dans le cadre de la saisie judiciaire et à partir de ce moment-là, l’animal n’est pas adoptable car on attend la décision judiciaire nous enjoignant de soit mettre l’animal à l’adoption, le garder au refuge ou le rendre au propriétaire. Il nous arrive de le garder parfois durant plusieurs mois. Les cas d’euthanasie sont toutefois exceptionnels (voir ci-dessous, NdlR) ."

En cas de maltraitance, la police fait donc appel à un refuge avec lequel la commune a passé un marché. "Lors de la saisie, le policier va donc dresser un procès-verbal, auditionner le propriétaire et recueillir des informations comme par exemple un rapport du vétérinaire. Il transfère ensuite les informations au service régional du bien-être animal qui décide si l’animal peut, ou non, être rendu au propriétaire", explique le commissaire Jean-Paul Dreze, responsable du service des lois spéciales au sein de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles.

Exemple concret : en septembre 2017, lors de la fête du sacrifice, le refuge Veeweyde a recueilli 24 moutons qui étaient destinés à être abattus à Molenbeek sans autorisation. Sept d’entre eux se trouvaient dans une remorque mobile pour chevaux et ont piétiné une brebis. "La police nous a donc avertis et nous avons recueilli les animaux", conclut Ludivine Nolf.


"Une maltraitance pas toujours volontaire"

"Il se peut que nous recueillions des animaux maltraités sans que le propriétaire le sache. Nous avons par exemple recueilli un chien qui n’avait jamais été toiletté. Résultat : son pelage était rempli de nœuds et c’était douloureux pour lui. Il était infesté de puces et de parasites, avait du mal à boire et à bouger. Il était pourtant bien nourri mais il arrive donc que des cas de maltraitance surviennent sans que ce soit fait exprès", explique Ludivine Nolf Porte-parole du refuge pour animaux Veeweyde.


L'euthanasie en cas de surcapacité

Les cas d’euthanasie d’animaux maltraités sont rares mais peuvent survenir pour deux raisons : soit si l’animal est mourant, se montre agressif ou dangereux, soit en cas de surcapacité du refuge. "Il nous arrive d’avoir des difficultés à faire adopter des American Staff. Ils sont réputés dangereux à cause de leur mâchoire imposante et on doit être très prudent en cas d’adoption. Les adoptants doivent par exemple avoir un jardin, ne pas avoir d’enfants ni aucun autre animal. Mais réunir tous ces facteurs dans la capitale n’est pas aisé", explique Ludivine Nolf du refuge Veeweyde.

Et Jean-Paul Dreze de la police Bruxelles Capitale-Ixelles d’ajouter : "il peut arriver que des refuges euthanasient des animaux qui ne trouvent pas d’adoptants. Il y a dès lors une surcapacité du refuge et l’animal doit être euthanasié."