Bruxelles Le Foyer bruxellois propose une alternative aux habitants mais ils veulent garder ce lieu de rencontre de la rue des Tanneurs.

Nous vous parlions, à la mi-juin, d’un petit terrain vague de 150 m2 qui, depuis le mois de mars, a été transformé en potager urbain par un habitant des Marolles, Léonard Clarys. L’endroit, qui se situe à l’angle des rue des Tanneurs et de la Querelle, est devenu, au fil des semaines, très important pour les habitants du quartier.

Les enfants y ont créé une fresque et jardinent régulièrement dans ce petit coin de verdure, alors que les Marolles manquent cruellement d’espaces verts. Beaucoup de voisins s’y rencontrent pour prendre le thé ou pique-niquer.

Mais le coin de paradis est menacé. Normalement, à partir du 18 août, l’endroit sera détruit par les pelleteuses. En effet, ce terrain appartient à la Ville de Bruxelles et est géré par le Foyer bruxellois. Ce dernier compte y construire quatre logements sociaux et un bureau.

Le permis a d’ailleurs été accordé bien avant que le terrain ne soit transformé en potager collectif. "La balance n’est pas juste. Je comprends bien qu’il faille construire des logements sociaux car il y a une forte demande. Mais cela ne peut pas se faire au détriment du bien-être des habitants. Ces espaces sont nécessaires. Ce quartier est déjà extrêmement dense et on y trouve déjà de nombreux blocs qui sont des logements sociaux. Il y a, dans cet ensemble, au moins une quarantaine de logements insalubres et inoccupés qui peuvent être rénovés", propose Léonard Clarys.

Dès lors, de nombreux opposants au projet se sont mobilisés. Une pétition en ligne a déjà récolté plus de 1.700 signatures et face à cet engouement, le Foyer bruxellois a cherché un autre lieu, 200 ou 300 mètres plus loin. Mais les habitants ne veulent pas "jardiner dans des bacs coincés entre les blocs d’habitations et à l’ombre de grands arbres" , ajoute Léonard Clarys. "Cet endroit est devenu bien plus qu’un potager urbain. C’est toute une convivialité qui s’est installée dans le quartier grâce à lui."

Les riverains remontreront aujourd’hui la nouvelle ministre en charge du Logement, Céline Fremault (CDH). Mais comme le permis a déjà été accordé, il est peu probable qu’elle puisse intervenir dans ce dossier.