Bruxelles

Plus de 300.000 tortues ont déjà été importées des Etats-Unis.

Ces dernières années, les tortues se sont multipliées dans les espaces verts de Belgique.

Rien qu’à Bruxelles, plusieurs centaines de ces reptiles se promènent dans les rues, les parcs et les étangs.

Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont les tortues de Floride mais d’autres types de tortues sont également présents. Il y a deux ans, une tortue serpentine, une espèce particulièrement agressive et dangereuse a ainsi été repérée dans le parc Roi Baudouin.

“On en trouve dans quasi tous les étangs de la ville, sur des troncs d’arbres, des petits îlots… C’est surprenant et interpellant de constater que les tortues sont les reptiles les plus répandus chez nous alors que nous avons des reptiles indigènes comme les orvets”, explique Alain Paquet, chargé de mission chez Natagora.

“Tout ça, c’est dû aux lâchers illégaux par des particuliers qui ne voulaient plus s’en occuper. Ces animaux ne sont pas du tout faits pour vivre dans notre environnement et subissent des hivers beaucoup trop rudes. Heureusement pour l’environnement, ces conditions les empêchent de se reproduire. Ça signifie donc que toutes les tortues que l’on trouve dans la nature sont des tortues relâchées. Il faut aussi savoir que ce sont des animaux qui peuvent vivre entre 10 et 25 ans, il y a donc un effet d’accumulation qui se fait ressentir”, explique le spécialiste.

Selon l’Afsca, 343.042 tortues aquatiques ont été importées des États-Unis entre 2010 et 2014. La possession de certaines espèces a été interdite mais certains vendeurs n’hésitent pas à contourner l’interdiction en jouant sur les appellations. “Les jardineries et animaleries jouent sur les mots pour vendre leurs animaux. Quand une espèce est interdite, ils la présentent sous un autre nom ou sous le nom de la sous-espèce. Heureusement, l’impact de ces reptiles sur la biodiversité semble encore limité. Il n’y a pas vraiment d’impact sur la nature pour le moment. La plupart des tortues que l’on rencontre sont herbivores : elles mangent souvent les plantes aquatiques de Bruxelles Environnement. Sinon, il peut arriver qu’elles mangent des petits poussins de canards col-vert ou de foulques macroules. Il n’y a pas non plus de danger pour l’homme, à part avec la tortue serpentine qui peut être agressive. Si cette espèce se multplie, ce sera beaucoup plus problématique.”


Ne jetez pas vos tortues dans la nature

Les tortues d’eau vendues en animalerie et jardinerie sont bien mignonnes. Mais quand elles grandissent, c’est une autre histoire. Résultat ? De nombreux propriétaires les relâchent dans la nature pour s’en débarrasser. Un très mauvais réflexe pour la nature et pour les tortues qui ne sont pas faites pour les hivers froids de la Belgique. Si vous souhaitez abandonner un reptile, mieux vaut s’adresser à la Ligue royale belge de Protection des Oiseaux (LRBPO) dont le centre principal situé à Anderlecht et qui recueille régulièrement ces petites bestioles. En Wallonie, l’ASBL Carapace, un centre de revalidation, s’est spécialisé dans ces animaux.