Bruxelles Le Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales a reçu 7.300 appels en 2016 contre 6.832 en 2015.

C’est un véritable parcours du combattant qu’a dû affronter Blanka au cours des dernières années. Victime de violences conjugales, cette Bruxelloise de 44 ans a finalement trouvé refuge au sein d’une des deux maisons d’accueil gérées par le Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales (CPVCF). Une étape qui lui a permis notamment de se reconstruire avant d’entamer une nouvelle vie avec son fils Viktor. Reportage.

C’est dans les locaux du centre, situés boulevard de l’Abattoir à Bruxelles-Ville, que nous rencontrons Blanka, qui a accepté de nous raconter son histoire. "Pendant seize ans, j’ai vécu une relation avec un homme. Au cours de ces années, je l’ai quitté à plusieurs reprises suite à des violences physiques, psychologiques et verbales. Il m’a promis qu’il allait changer et j’y ai cru. Je me suis remise avec lui pendant six mois car cela se passait mieux. Puis, je suis tombée enceinte et cela a recommencé", se souvient-elle.

Les premières années, Blanka tente de tenir bon pour son fils. "Je voulais attendre que Viktor termine l’école avant de quitter mon partenaire. Mais quand j’ai vu qu’il commençait à contrôler aussi la vie de mon fils et que celui-ci était témoin de nos disputes et des violences conjugales dont j’étais victime, je n’ai plus pu continuer. J’ai commencé à chercher des solutions pour partir"

Originaire de Pologne, Blanka disposait malheureusement de peu de ressources à Bruxelles. C’est pourquoi elle s’est tournée vers le CPVCF. Durant quatre mois, Blanka et son fils, dont elle détient la garde, intègrent une maison d’accueil dont l’adresse restera confidentielle. Elle reçoit ensuite un logement social qui lui permet de débuter sa nouvelle vie. Seul hic : son ex-compagnon découvre, au bout de quelques semaines, sa nouvelle adresse. Victime de harcèlement quotidien, elle dépose plainte et retourne en maison d’accueil. "J’avais peur. J’appelais presque tous les jours la police car il était devant chez moi."

Quatre mois plus tard, elle a finalement retrouvé un deuxième domicile anonyme. "Pour l’instant tout va bien, je suis soulagée. Je ne veux plus vivre dans la peur. Maintenant, j’attends juste encore le procès civil mais je suis déjà prête pour démarrer une nouvelle vie avec mon fils", conclut-elle, le sourire aux lèvres.

Des histoires similaires, le CPVCF en entend un peu plus chaque jour, que ce soit par téléphone ou lors de rendez-vous. En effet, en 2016, le centre a reçu 7.300 appels, contre 6.832 en 2015. Sur ces 7.300 appels, 2243 ont abouti à l’inscription d’un rendez-vous mais seuls 1233 entretiens ont réellement eu lieu. "Souvent, les victimes appellent après la crise puis deux semaines passent et elles ne se présentent pas au rendez-vous. C’est l’indice qui montre qu’elles ne sont pas encore prêtes à entamer les démarches. La plupart du temps, les victimes ne quittent pas leur compagnon par amour, par peur de représailles ou parce qu’elles ne veulent pas admettre l’échec de la relation. Elles sont aussi parfois convaincues d’être responsables de ce qu’elles vivent", commente Jessica Swaen, assistante en psychologie au sein de l’ASBL.

Vu la demande grandissante, le CPVCF a récemment ouvert une deuxième maison d’accueil en Région bruxelloise. Et il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que le nouveau refuge affiche complet. En Région bruxelloise, on compte vingt centres d’accueil d’urgence proposant d’héberger, notamment, les victimes de violences conjugales. En moyenne, ces femmes fragilisées y passent entre six mois et un an avant de prendre leur envol (voir ci-contre).