Bruxelles Un propriétaire loue son bien à une société de construction qui y héberge environ 20 ouvriers, ce que dénoncent les riverains.

C’est la grogne du côté des riverains de l’avenue Gustave à Rhode-Saint-Genèse, en périphérie bruxelloise. Depuis mai 2016, le propriétaire d’une villa 4 façades loue son bien à une société de construction et rénovation en bâtiments pour un bail de 2 ans dans ce quartier résidentiel.

Depuis cette date, la maison est occupée par les ouvriers de cette entreprise. "Nous estimons leur nombre entre 15 et 20 ouvriers, que des hommes, qui utilisent cette maison uniquement comme dortoir", explique Françoise, une riveraine qui déplore les nuisances engendrées par la présence de ces ouvriers.

"Il y a des bruits de voix, notamment tôt le matin, en soirée et en weekend, la maison n’étant pas prévue pour héberger autant de personnes. Les ouvriers attendent les navettes sur le trottoir avec comme conséquence : mégots de cigarettes, papiers, canettes, détritus que les habitants ramassent afin de garder le quartier propre. Les navettes débutent dès 5 h du matin et roulent à tombeau ouvert. De plus, en fin de journée, plusieurs camionnettes sont stationnées dans la rue", déplore Françoise, qui pointe du doigt l’immobilisme de la commune dans ce dossier.

"Nous sommes très inquiets quant à l’évolution défavorable que continue à prendre cette affaire et au manque de réactivité de la part des autorités communales", ajoute Bruno, un autre riverain. "Conformément au plan d’affectation de ce quartier, si aucun commerce ou négoce ne peut être établi dans une maison unifamiliale, dans quelle mesure une villa peut-elle servir de dortoir et être à l’origine de nuisances sonores quotidiennes, sans mentionner le vacarme au jardin lors des beaux jours."

Ce riverain craint que cette situation continue à s’amplifier. "Peut-être n’évaluez-vous pas les conséquences néfastes pour le quartier et pour l’avenir de notre commune où il fait en temps normal bon vivre. Si la possibilité est offerte aux propriétaires de mettre leur bien à la disposition d’entreprises afin qu’ils y hébergent un nombre anormal d’ouvriers, elle risque de créer des précédents également dans d’autres quartiers de la commune", affirme Bruno.

De plus, selon les riverains, "il est probable que les conditions d’hébergement correspondent aux critères de marchand de sommeil de par l’insalubrité, le manque de sécurité et l’appât du gain de la part du propriétaire."

Pierre Rolin (CDH) Bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse : "On cherche une solution juridique"

"Cette situation est connue de nos services communaux et de la police qui s’est rendue sur place. Elle a constaté qu’en effet, plusieurs ouvriers dorment dans cette villa située dans un quartier résidentiel. Cette situation pose la question de la légalité de cette occupation. Une maison unifamiliale peut-elle être occupée par des personnes qui n’y sont pas domiciliées ? Le problème est que nous n’avons pas de moyen juridique pour empêcher cet état de fait. Nous sommes pour le moment en train d’étudier des pistes au niveau juridique pour mettre fin à ce type de pratique dans un quartier résidentiel. On ne peut actuellement pas l’interdire donc nous recherchons cette base juridique pour éviter ce genre de situation à l’avenir."