Bruxelles Un audit pointe de très gros dysfonctionnement au sein du CPAS teenodois.

Réunis dans le lobby d’un hôtel de la place Rogier, trois membres de l’opposition teenodoise ont accusé, hier, le CPAS de Saint-Josse et plus particulièrement son président Luc Frémal "de détournements de fonds et d’emplois fictifs". Les accusations, lourdes, sont le fruit d’une enquête menée suite à la lecture d’un rapport d’audit réalisé le 12 juillet 2017 plutôt accablant sur le fonctionnement du CPAS. L’opposition va transmettre son dossier - signé par chacun - au procureur du Roi de Bruxelles, "en espérant qu’il investigue". On parle ici d’irrégularités au regard de la législation sur les marchés publics, de disparition récurrente de matériel, de non-respect des règles d’engagement de dépenses, etc.

"Dans le cadre de plusieurs commandes, il apparaît […] que le CPAS ne se soucie guère de la réglementation des marchés publics", lit-on ici. "Il a été demandé au président du CPAS de produire, lors du contrôle, les pièces justificatives complètes" relatives à de nombreux frais engagés sans justificatif. "Sur deux, trois ans, environ 100.000 euros de matériel ont été commandés à un magasin sans respect des règles de marché public", commente Geoffroy Clerckx […].

"Lorsque le receveur communal a demandé des comptes à cette entreprise, elle a disparu…". Autre problème, pointé cette fois par Thierry Balsat […], "la commande de 120 m2 de parquet pour un appartement qui n’en compte que 20… Sans oublier des quantités astronomiques de peinture dont on ne sait pas ce qu’elles sont devenues, des prix variant du simple au double du jour au lendemain, des bons de commande émis après la facturation, inventaire inexistant, etc." La liste des griefs est longue.

"Lorsque nous sommes tombés sur cet audit, nous avons creusé", commentent les membres de l’opposition. "Nous avons ainsi découvert certaines choses qui posent question." Laxisme, incompétence ? "Déjà, nous pensons que le collège a voulu étouffer l’affaire", embraye Derya Bulduk. "Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’incompétence. Nous avons des soupçons de détournements de fonds et d’emploi fictif".

Emploi fictif ? "Le chef de cabinet du président Mostefa Lotfi n’est jamais présent", assure Thierry Balsat. "Nous demandons d’ailleurs sa démission. Quant à Luc Frémal, nous demandons qu’il reprenne son job au CPAS à temps plein ou qu’il démissionne !" Récemment, deux employés visiblement concernés par cette affaire ont été remerciés. "Il nous revient que l’un des deux était très proche de l’entreprise aujourd’hui disparue…"

Interrogé par BX1, Luc Frémal assure de son côté "qu’en tout et pour tout, il y a pour 8.204,24 euros de matériel acquis sans bon de commande", loin des 100.000 avancés par l’opposition donc. Au procureur du Roi, désormais, de peut-être faire la clarté sur cette affaire qualifiée par l’opposition teenodoise de petit Samusocial.