Bruxelles Emir Kir a encore accusé l’opposition d’aller chercher un électorat raciste.

Le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir a-t-il de nouveau dépassé les bornes, lundi soir, lors du débat des communales sur BX1 ? "Votre campagne anti-Kir est teintée de racisme", a déclaré le bourgmestre sortant, s’adressant à la tête de liste Ecolo-Groen Zoé Genot. Des accusations similaires avaient déjà été formulées quelques jours auparavant lors d’un débat organisé par le quotidien vespéral. La tête de liste MR Geoffroy Clerckx en a aussi pris pour son grade.

"Toute personne qui a suivi mes parcours politique et parlementaire sait que ce sont des accusations fantaisistes, rétorque Zoé Genot. Je pense qu’Emir Kir sent que le vent est en train de tourner. C’est quand nous avons sorti nos critiques sur le dossier des 416 personnes engagées dans l’administration sans examen ni annonce qu’il a sorti ce type d’arguments. Il est aux abois et joue les Calimeros. Sa réaction est d’autant plus ridicule que nous menions le même travail d’opposition avec le précédent bourgmestre. Emir Kir est dans une stratégie de victimisation déplacée qui vise à changer de sujet lorsque le thème le dérange et qu’il ne peut se défendre. La première fois qu’il a lancé ces accusations, j’étais estomaquée. Maintenant, j’ai compris qu’il s’agissait d’une stratégie."

Ce nouveau débat houleux s’inscrit dans le cadre d’une campagne communale particulièrement délétère, à Saint-Josse. Un candidat (Thierry Balsat, la tête de liste d’En avant) a porté plainte cette semaine contre le frère d’Emir Kir qu’il accuse d’avoir tenté de l’agresser en pleine rue. Voici quelques semaines, Patrick Dupriez, co-président d’Ecolo, avait dénoncé des "pressions scandaleuses sur les candidats" à Saint-Josse, et dit réfléchir sérieusement à porter plainte.

Geoffroy Clerckx, tête de liste MR à Saint-Josse, assurait ce lundi sur le plateau de BX1 : "J’ai eu un candidat, membre du MR, qui s’est retiré de la liste au mois d’août parce que son père avait été approché. Il n’a jamais voulu me dire ce qui s’était passé. Un autre candidat a aussi été convoqué chez le bourgmestre. On a dû vraiment le protéger et l’encadrer."

Ces accusations, Emir Kir les balaie d’un revers de la main. Il en remet même une couche à l’encontre du candidat libéral. "La tête de liste du MR raconte dans les braderies qu’il faut se débarrasser du Turc, du métèque. Ils font germer cette idée dans les têtes. En ce qui concerne précisément Zoé Genot, on aurait pu s’attendre à autre chose d’une progressiste. Cela s’appelle un gros dérapage. C’est déplorable que, plutôt que de mener campagne, ils installent un climat comme celui-ci. Je n’ai jamais vu cela en politique."

Selon lui, l’opposition l’accuse "mais n’amène aucune preuve" . "Sur les personnes engagées dans l’administration, je leur demande des preuves de ce qu’ils avancent. Ils n’en fournissent pas, se défendent en précisant que c’est tout un contexte, etc. Ils n’ont aucun autre projet qu’une politique de rejet."

Face à la pression , la Fédération bruxelloise du PS a pris la défense de son candidat hier. "L’opposition a tellement tiré sur la personnalité d’Emir Kir que peu de place a été laissée pour le bilan pourtant exceptionnel de la majorité", a commenté la présidente du PS bruxellois qui estime que "c’est le citoyen le grand perdant de ce débat".