Bruxelles Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, va se retourner contre Vivaqua pour se faire indemniser.

Les navetteurs devront encore prendre leur mal en patience jusqu’à lundi prochain. Du moins si l’on s’en tient aux confirmations faites à ce sujet lundi après-midi dans les rangs d’Infrabel. Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire n’exclut toutefois pas d’éventuelles prolongations de travaux si d’aventure les intempéries de ces derniers jours devaient s’éterniser.

Pour rappel, on parle ici des conséquences en cascade liées à l’effondrement jeudi dernier d’une partie de la chaussée de Louvain dans la commune de Saint-Josse (Bruxelles). Une fuite d’eau à l’origine de cet incident avait eu notamment comme répercussion une interruption du trafic ferroviaire entre Schuman et Bruxelles-Nord. La rupture de canalisation d’eau avait entraîné une importante inondation des voies ferrées de la ligne 161, situées juste sous la zone sinistrée. Résultat : l’eau s’est écoulée sur 900 mètres de voies, laissant cette portion impraticable. "Les installations électriques sont endommagées, les câbles noyés. Nous avons démonté toute la signalisation sur les 900 mètres de voies touchées. Le ballast [lit de gros graviers sur lequel repose une voie de chemin de fer, NdlR] s’est levé sous la pression de l’eau . Il est donc entièrement à refaire. Il en va ici de la stabilité même de la voie qui, précisons-le au passage, était totalement neuve", rapporte Arnaud Reymann, porte-parole d’Infrabel.

Et le même de pester : "Lorsque nous avons creusé le tunnel ferroviaire Schuman-Josaphat à 1 200 mètres sous Bruxelles, nous l’avons fait sans déranger personne ni sans faire aucune coupure de ligne. Aujourd’hui, à cause de cette bêtise à la chaussée de Louvain qui ne dépend pas de nous, nous sommes en train de perdre neuf jours de coupure de ligne. C’est une chose qui ne s’est absolument jamais produite dans le cadre de nos propres travaux. C’est historique. Cette situation est regrettable !"

Infrabel fulmine, Vivaqua temporise

Lundi soir, et alors que les travaux de réparation des voies étaient - forcément - toujours en cours, Infrabel confirmait sa ferme intention de se retourner contre Vivaqua, l’intercommunale bruxelloise de production et de distribution d’eau, en vue de se faire indemniser. " Il est encore trop tôt aujourd’hui pour chiffrer le dommage et le montant financier des réparations, assure Arnaud Reymann. Mais il est clair que neuf jours de coupure de ligne, cela va coûter." Même son de cloche du côté de la SNCB où on souligne toutefois vouloir réaliser préalablement une analyse transversale sur le manque à gagner que cet incident de la chaussée de Louvain a généré pour elle, ainsi que sur le surcoût provoqué par le déploiement de forces vives supplémentaires sur le terrain.

Dans les rangs de Vivaqua, on se borne à répéter que le travail d’expertise, qui doit établir les causes et les responsabilités de l’incident, est toujours en cours. "Il est dès lors trop tôt pour évoquer ce que cela risque de nous coûter", temporise sa porte-parole Marie-Eve Deltenre. Qui rappelle au passage que les particuliers qui auraient été touchés jeudi dernier par l’incident de la chaussée de Louvain sont invités, après avoir introduit un dossier auprès de leur propre assureur, à contacter le service assurance de Vivaqua.