Bruxelles À l’occasion de la journée Drugs In Brussels, les partis se sont positionnés pour ou contre l’ouverture d’une salle de consommation de drogues à Bruxelles.

2018 sera-t-elle l’année où les politiques oseront enfin parler drogue ? C’est en tout cas ce qu’espère Sébastien Alexandre, de Fedito BXL, la fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes.

"Avec l’approche des élections, j’ai bon espoir que le débat politique autour des drogues va pouvoir avancer", explique-t-il. Ce mercredi matin, des acteurs du secteur et des hommes et femmes politiques étaient rassemblés au Parlement bruxellois pour jouer cartes sur table. Au centre des discussions : l’ouverture d’une salle de consommation de drogues, la légalisation du cannabis et la dernière loi qui prévaut pour tout ce qui est drogue qui date de… 1921 !

Autour de la table, les politiques se sont prêtés au jeu. Chacun a présenté ce qu’il y avait au sujet des drogues dans son programme. En particulier, ils se sont positionnés par rapport à l’ouverture d’une salle de consommation de drogues sur le territoire bruxellois.

Parmi les partis présents, il en ressort qu’Ecolo, Défi, le PS et le SPA sont en faveur d’une telle salle. Alors que le CDH émet des doutes et que les autres sont carrément contre.

Du côté de Défi, l’appel avait déjà été lancé au gouvernement fédéral en septembre dernier par la ministre de la Santé du gouvernement francophone bruxellois Cécile Jodogne. Ce mercredi, Fabien Maingain a annoncé que rien n’était écrit clairement dans le programme mais qu’il n’excluait pas le fait de pouvoir ouvrir une salle de consommation de drogues.

En ce qui concerne Ecolo, Alain Maron affirme qu’un texte prévoyant notamment ce genre de salle a été envoyé au Conseil d’État qui n’a pas encore réussi à statuer si une telle salle serait légale dans les conditions actuelles de la loi. Il souligne aussi le fait que les partis qui sont les plus réfractaires à l’installation de ce type de salle font face aux doutes des bourgmestres qu’ils ont à Bruxelles. "C’est le niveau de pouvoir le plus proche du citoyen. C’est eux qui devront faire face au mécontentement de leurs habitants si une salle de consommation s’installait dans leur quartier, c’est compréhensible. Mais nous n’avons pas ce problème chez Ecolo."

Enfin, pour le PS , Julien Uyttendaele a annoncé qu’ils étaient clairement pour l’ouverture d’une telle salle bien que cela ne soit pas encore précisé dans leur programme. Il soutient aussi la création de stéribornes, un dispositif qui permettrait de distribuer des seringues stériles aux personnes qui en auraient besoin.