Bruxelles

La direction du Samusocial a fortement mis le cabinet du ministre-président bruxellois sous pression pour éviter l'envoi d'un observateur au sein de l'asbl. 

Sans cela, le gouvernement aurait pu aller beaucoup plus loin dans le contrôle. Le PS n'agissait toutefois pas comme un seul homme dans ce dossier. Tel est le point de vue développé mardi par l'ex-ministre bruxelloise Brigitte Grouwels (CD&V), devant la commission d'enquête Samusocial du parlement bruxellois. Mme Grouwels était invitée à témoigner devant les commissaires de son expérience de ce dossier dont elle a eu la charge en tant que ministre bruxelloise bi-communautaire de l'Aide aux Personnes, entre 2009 et 2014, aux côtés de la ministre Ecolo Evelyne Huytebroeck, également entendue mardi matin. Comme celle-ci, l'ex-ministre démocrate chrétienne flamande a fait part de son respect pour le travail sur le terrain des collaborateurs du Samusocial, comme des autres organisations du secteur, en ce compris, sur le plan humain, pour la directrice du Samusocial Pascale Peraïta.

A ses yeux, la difficulté des discussions avec celle-ci étaient liées à la gestion financière du Samusocial renforcé dans sa situation de "quasi-monopole" à partir de 2011, après l'appel à ses services pour l'accueil des demandeurs d'asile en 2011.

Mme Grouwels a précisé qu'elle était elle-même partisane d'un financement structurel du dispositif hivernal, finalement accordé à partir de l'hiver 2014-2015. D'après elle, le recours au pré-financement des subsides du Samusocial via le CPAS de la Ville a affaibli la position de la Commission Communautaire dans les discussions.

"Le Samusocial adoptait un style très agressif pour obtenir à chaque fois de nouveaux subsides", a-t-elle commenté dans ce contexte.

D'après l'ex-ministre, l'administration de la CCC n'était pas pressée d'exercer un contrôle - que son cabinet et celui de Mme Huytebroeck voulaient accroître sur l'utilisation des deniers publics par l'asbl -, parce que l'association était de type privé, mais aussi en raison du "tempérament" de Pascale Peraïta dont certains fonctionnaires dénonçaient le "régime de terreur".

Brigitte Grouwels a encore dit que le cabinet du ministre-président PS, à l'époque Charles Picqué, avait été mis sous forte pression par la direction du Samusocial pour éviter l'envoi d'un observateur au Conseil d'administration du Samusocial. "Sans cela, on aurait été beaucoup plus loin", a-t-elle ajouté, laissant entendre que le dossier n'aurait pas pris l'ampleur des dernières années. Elle a toutefois jugé que le PS avait une "attitude assez diffuse à l'égard du Samusocial". En atteste, selon elle, la confidence que lui a faite Charles Picqué en 2013, satisfait de constater qu'un audit aurait lieu.

Enfin, Mme Grouwels n'a pas écarté la possibilité que Pascale Peraïta ait pu bénéficier d'un double financement de son salaire, ce que n'a pu établir l'audit de 2013. Pour ce qui relève de la CCC, son salaire était payé à la hauteur du barème d'un directeur de l'administration, a-t-elle dit.