Bruxelles Depuis plusieurs mois, le refuge Les Chatons de Chabidou écope de plusieurs plaintes enregistrées.

En juin dernier, Sibel Kurtoglu, riveraine d’Auderghem, a vécu un profond litige avec le refuge pour chats bruxellois "Les Chatons de Chabidou", situé à Bruxelles-Ville. Elle accuse l’établissement de maltraitance d’animaux et craint des représailles sur les bêtes encore présentes dans ce refuge.

Le 2 juin, Sibel Kurtoglu et sa nièce ont trouvé, dans le fond de leur jardin, des chatons de quatre semaines et leur mère. Après avoir fait le tour des refuges habituels (Ever’y Cat, Sans Collier ou encore CatRescue…), Sibel tombe sur cette association qu’elle ne connaît pas : Les Chatons de Chabidou. Tout de suite, le propriétaire du refuge et unique bénévole accepte de prendre en charge les cinq petits et la mère.

Après un rapide tour du propriétaire, et après avoir laissé les cinq petits réfugiés à cet homme, Sibel est pleine de remords. "Son refuge était plein à craquer et il continuait à accepter des animaux. Tout de suite, les chats ont changé de comportement une fois chez lui."

Quelques jours plus tard, l’Auderghemoise découvre une publication sur Facebook mise par le propriétaire, indiquant que la chatte lui avait mordu le doigt, qu’elle souffrait d’une mammite (infection des mamelles) et que deux des chatons n’allaient pas bien. "Je ne comprenais pas. J’ai recueilli cette maman chat et elle allait parfaitement bien. Bien qu’on l’ait trouvée dans la nature, elle était toute douce, pas agressive ni farouche. Je l’ai donc appelé pour comprendre ce qu’il s’était passé, et il m’a à peine répondu en me disant que tout était sous contrôle."

Et pourtant , quelques heures plus tard, le gérant de l’association annonce sur le réseau social que les deux chatons sont morts. En l’espace de quelques jours, ce sont finalement quatre chatons de cette même portée qui se sont éteints.

Depuis, le propriétaire du refuge a adopté lui-même la petite dernière, et Sibel est venue récupérer la mère, "qui est traumatisée. Alors qu’elle venait vers moi avant, aujourd’hui elle ne se laisse plus approcher. Elle est restée une semaine derrière la machine à laver", témoigne Sibel. "Il a déjà adopté quatorze chats de son propre refuge, son appartement déborde de chats. Ce n’est pas cela la protection d’animaux pour moi."

Et quelques mois plus tôt, le propriétaire s’était également attiré les foudres de la Toile en publiant une photo d’un chaton du refuge qui agonisait. Des images choquantes et sensationnelles, qui avaient fait l’objet de nombreuses critiques. "Il utilise Facebook pour faire des appels aux dons. Il a aussi posté une image très choquante d’une femelle avec le ventre ouvert. Il écrit ensuite de grands textes en culpabilisant les gens d’abandonner les chats et en demandant des dons, disant qu’il n’y a que lui qui veut sauver les chats de la capitale."

Entre-temps, Sibel Kurtoglu a porté plainte à deux reprises auprès de Bruxelles Environnement… Et elle n’est pas la seule ! En mai dernier, l’établissement postait d’ailleurs un texte sur Facebook annonçant qu’il avait reçu plusieurs plaintes, et une amende de 6.000 euros de la part du département bien-être animal de Bruxelles Environnement. Dans cette publication, il incendiait aussi les différentes personnes qui avaient porté plainte et annonçait la fermeture du refuge. Trois mois plus tard, il n’en est pourtant rien. "Je ne comprends pas pourquoi ce refuge est toujours ouvert, que fait Bruxelles Environnement?", déplore Sibel.

Contacté, le propriétaire de l’association a dit être totalement en règle. "Je n’ai rien à me reprocher, vous pouvez écrire ce que vous voulez", a-t-il répondu avant d’enchaîner : "nous les bénévoles nous sommes victimes de nombreuses critiques, alors que nous faisons du mieux que nous pouvons."