Bruxelles L’échevin schaerbeekois de la Propreté Sadik Köksal pousse un coup de gueule.

"Comment peut-on demander aux citoyens de respecter les heures de sortie des sacs-poubelle dans la rue si l’Agence Bruxelles Propreté ne respecte pas ses propres délais de collecte ? Plus de deux mois après l’entrée en vigueur de la réforme, on observe toujours de nombreux dysfonctionnements", déplore Sadik Köksal (LB), échevin de la Propreté publique à Schaerbeek.

Après deux années de négociations, la réforme de la collecte des déchets en Région bruxellois est entrée en vigueur le 2 janvier dernier. Portée par la secrétaire d’État bruxelloise en charge de la propreté publique Fadila Laanan (PS), cette réforme a notamment permis de doubler le nombre de ramassages des sacs jaunes et bleus et de supprimer les collectes réalisées en soirée.

Perturbés par la modification du calendrier, les Bruxellois avaient d’abord eu droit à une période de tolérance d’un mois. Une phase ensuite prolongée par l’ABP jusqu’au 28 février en raison de la cacophonie. "Aujourd’hui, nous constatons que les citoyens respectent les jours de sortie des sacs mais que c’est l’ABP qui ne respecte pas les jours de collecte. À Schaerbeek, le service de la Propreté a constaté le 1er mars que les sacs n’avaient pas été ramassés dans 29 rues. Le 8 mars, les sacs n’avaient pas été collectés dans 42 rues à 15 h. Nous avons contacté l’Agence pour qu’elle fasse le nécessaire. Malgré l’envoi de la liste des rues, il restait encore 33 rues avec des sacs le lendemain", indique l’édile.

Mercredi après-midi, il restait de nombreux sacs bleus et jaunes dans la rue Émile Zola à Schaerbeek. Selon l’échevin, des problèmes ont été signalés dans une dizaine de rues de la Cité des Ânes. "Ces sacs qui traînent plusieurs jours dans la rue créent la confusion chez les habitants et donnent un sentiment de malpropreté permanente. Quand il s’agit des sacs blancs et donc d’ordures ménagères, c’est pire car il y a même un problème d’odeur. C’est inacceptable !"

Sadik Köksal se demande si sa commune est moins bien traitée que les autres. "Schaerbeek est la deuxième commune la plus densément peuplée de la Région bruxelloise avec un volume important de déchets. Est-ce qu’il y a autant de problèmes à Anderlecht, la commune de Fadila Laanan ?"

Se voulant malgré tout positif, l’échevin schaerbeekois de la Propreté évoque aussi les avantages de la réforme des collectes de déchets. "Les ramassages en soirée, qui créaient notamment des problèmes de mobilité, n’ont désormais plus lieu. Par ailleurs, le nettoiement des rues s’est également amelioré avec un renforcement du balayage dans les voiries régionales. Quant aux dépôts clandestins, ils sont désormais enlevés plus rapidement par la Région", conclut Sadik Köksal.

Toutes les localités ne se plaignent pas 

Si la réforme de collecte des déchets connaît des couacs dans certaines communes, ce n’est pas le cas partout. Du côté de Saint-Gilles, par exemple, on considère que le nouveau système est une réussite. "La population a vite intégré les changements et nous entretenons une bonne collaboration avec Bruxelles Propreté. De plus, nous avons 99 agents communaux qui balaient les rues deux fois par jour et qui signalent les éventuels sacs qui n’ont pas été ramassés", assure Carlo Luyckx (PS), échevin de la Propreté. 

Même son de cloche du côté d’Anderlecht. "Nous enregistrons une ou deux plaintes ces dernières semaines concernant des sacs qui traînent en rue, mais rien d’autre. Il y a eu des problèmes au début mais tout est rentré dans l’ordre", assure Elke Roex (SPA), échevine de la Propreté. 

En revanche, pas mal de soucis persistent du côté de Forest. "Plusieurs sacs ne sont pas toujours collectés et nous postons des courriers d’information ciblés dans les quartiers problématiques pour rappeler à la population les nouvelles règles en vigueur. Nous avons aussi éveillé l’attention de Bruxelles Propreté concernant cette problématique", affirme Marc Loewenstein (Défi), échevin de la Propreté.