Bruxelles Suite à une faille dans le dossier des coupables, aucun bien perdu ou dommage collatéral n’a été remboursé à Samir.

Le 25 septembre 2010, une violente explosion a touché plusieurs maisons des rues Gaucheret et Destouvelles, à Schaerbeek. Ce dramatique incident a fait 3 morts et 17 blessés. La DH a rencontré Samir Asrih dont la maison située au numéro 30 de la rue Destouvelles a été presque ’entièrement détruite suite à la détonation. Il revient sur ce calvaire qui a fait perdre à sa famille tout ce qu’elle possédait, et sur les différentes injustices qui ont suivi ce drame.

“Je fumais une cigarette à la fenêtre. Quelques fractions de seconde après, je me suis retrouvé deux pièces plus loin, à moitié inconscient, mes trois enfants en pleurs et remplis de poussière blanche, ma femme inconsciente et le toit de ma maison arraché”, se souvient-il la voix tremblante. À ce moment-là, Samir ne sait pas que c’est le début d’une longue bataille contre les assurances, les propriétaires, la commune, et même… Son propre avocat.

“Cette nuit-là nous avons été logés dans une école de la rue Gaucheret. Dès le lendemain on nous a placés dans un appartement tout petit, misérable, et surtout dans lequel ma femme, mes trois enfants et moi, encore terriblement traumatisés, nous nous sentions très mal. Nous avons demandé à changer d’appartement et on nous a donc repris les clés… Sans nous proposer une solution alternative”, déplore Samir. C’est finalement après avoir cherché partout dans Bruxelles et après avoir prévenu les médias que Samir et sa famille ont été relogés par la commune dans un immeuble de la rue Jérusalem.

“On nous faisait payer 650 euros pour vivre dans un appartement miteux, rempli de cafards, sans meuble et sans aucune aide pour nous en acheter. En même temps, on devait prouver tous les mois qu’on cherchait un autre logement. Alors qu’on avait une belle maison, et qu’on n’a rien demandé à personne, on s’est tout d’un coup senti comme des candidats pour un logement social”, se souvient douloureusement Sabriya, la femme de Samir. Et son mari de poursuivre : “On n’a pu récupérer aucun bien. Dès les premiers instants notre maison a été mise sous scellés et on y avait plus accès. Les policiers et la commune ont refusé qu’on retourne y chercher notre argent, nos bijoux en or, nos meubles, etc. Résultat : des squatteurs ont vécu dans notre maison pendant plusieurs jours et nous ont tout volé.”

Après plusieurs plaintes adressées à la commune sans être entendus, Samir et Sabriya sous les conseils de leur ancien avocat ont attaqué la commune, alors qu’ils avaient cessé de payer leur loyer depuis quelques mois. Sans aucune nouvelle de leur avocat le jour même, le couple a finalement perdu le procès, et dû payer à la commune la somme de 17 000 euros. Depuis, la famille a changé d’avocat et n’a jamais pu récupérer son dossier, contenant l’entièreté des documents qui prouvaient l’insalubrité du logement dans lequel ils étaient placés.

Un an après l’explosion, Samir et sa famille ont pu réemménager dans leur maison flambant neuve. En plus de toute la misère que leur a apportée ce drame, le couple n’a jamais réussi à obtenir une indemnisation complète de la reconstruction de leur maison. “On a été remboursé de 80 % pour l’entièreté de la reconstruction de la maison. On n’a jamais rien reçu en dédommagement de tous les biens qu’on a perdu dans cette histoire. Et c’est sans compter tous les dommages collatéraux au niveau de notre santé pour lequel on n’a jamais été indemnisé : les angoisses, traumatismes, etc.”, raconte Samir.

Pour rappel, les propriétaires à l’origine de l’explosion n’en étaient pas à leur premier incident douteux. L’assurance qui les couvrait et qui devait dès lors dédommager tout le monde a pu ainsi se dédouaner de leur cas de manière rétroactive en stipulant qu’ils n’étaient pas au courant de leur passé. Toute une série de gens impliqués dans ce drame se trouvent dès lors sans recours.