Bruxelles

Ces deux scan-cars commenceront à défiler en ville dès les 1er septembre.

Il va devenir difficile d'esquiver le ticket de parking sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Les scan-cars que vient d'acheter la Ville de Bruxelles entreront en action au 1er septembre prochain. Présentés ce matin par l'échevine en charge du dossier Marion Lemesre (MR), ces véhicules pourront scanner 2.000 voitures par heure, soit 18.000 par jour pour chaque voiture... Sachant que la Ville de Bruxelles compte 22.000 places réglementées, l'on comprend aisément que celle ou celui qui passera entre les mailles du filet aura beaucoup de chance... D'autant que ces voitures ne remplaceront pas l'équipe de 40 agents déambulant déjà sur le pavé bruxellois.

Ces voitures électriques équipées de dix caméras dont quatre ANPR tourneront en boucle sur les 300 kilomètres de voiries bruxelloises, à la chasse aux contrevenants. Les deux véhicules vont tourner en mode test jusqu'au 31 août. Il s'agit également de former les agents. Il entrera dans sa phase active dès le 1er septembre. Coût de l'investissement : 300.000 euros auxquels il faut ajouter 60.000 euros d'entretien annuel. D'après Alex Geraerdts, directeur de la cellule stationnement de la Ville de Bruxelles, ces deux véhicules devraient être amortis au grand maximum un an et demi après leur entrée en fonction. 

Fini, la fraude au disque bleu

Les scan-cars distingueront les zones bleues des zones payantes (horodateurs). Pour les zones bleues, la voiture prendra une photo du véhicule (plaque d'immatriculation comprise) puis le géolocalisera. Si le véhicule n'a pas bougé après deux heures - information vérifiables via la localisation GPS -, le contrevenant recevra automatiquement une invitation à payer l'amende. "L'un des objectifs de ces voitures est de lutter contre les voitures ventouse", commente Marion Lemesre. "Actuellement, nos agents constatateurs intervenaient essentiellement à la demande. Lorsqu'un quartier ou des commerçants se plaignaient, etc. Avec ces deux véhicules, tous les quartiers seront traités sur un pied d'égalité. De plus, avec ce système, on évite la fraude au disque bleu : c'est-à-dire l'automobiliste qui descend toutes les deux heures pour actualiser son disque."

Un traitement 100% automatique

C'est assez simple. Les caméras scannent toutes les voitures stationnées sur son chemin. Quatre photos du véhicule son prises par caméra tandis que le fichier est directement envoyé au back office de la cellule stationnement de la Ville de Bruxelles, qui transmet l'information à la base de données horodateurs. Si l'automobiliste est en règle, son 'dossier' est immédiatement effacé de la banque de données. Dans le cas contraire, la cellule stationnement récupère alors les informations nécessaires auprès de la DIV et un PV (ou amende administrative) est automatiquement envoyé au contrevenant. Tout se fait endéans les cinq jours ouvrables.

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Approuvée par la commission de la vie privée

Et la vie privée là-dedans ? Le fonctionnement de la scan-car ressemble un peu à celui de la Google car. "Ici, toutes les personnes prises en photo à leur insu sont automatiquement flootées", explique Alex Geraerdts. Par ailleurs, toutes les données envoyées par la scan-car sont cryptées tandis que les plaques en ordre de stationnement ne sont jamais sauvegardées. "Elles sont détruites endéans les 72 heures", poursuit-il. "Quant aux plaques des véhicules en infractions, elles sont effacées une fois le paiement de la redevance effectué."

Et les voitures mal garées ?

Pour l'heure, les scan-cars ne s'occupent pas de la camionnette garée sur le trottoir, de la voiture parquée sur un passage piéton ou une zone de livraison. Cela ne devrait tarder. "Nous avons demandé la mise en place d'un protocole d'accord avec la police et le parquet de Bruxelles", précise l'échevine libérale. "Une fois signée, les scan-cars s'occuperont également de ces infractions.

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Et les plaques étrangères ?

A l'heure actuelle, la Belgique n'a d'accord qu'avec la France et les Pays-Bas. Et encore, ce n'est pas parce que le contrevenant reçoit une redevance chez lui à l'étranger qu'il paiera. Dans les faits, l'arriéré concernant les plaques étrangères est conséquent, confie Marion Lemesre. Pour les autres ressortissants des autres pays, rien ne les oblige à payer... pour l'instant.