Bruxelles

L’avocat de la Stib avait plaidé que, parce qu’elle était illégale, la victime n’avait rien à faire là. La Stib ne lui confiera plus de dossiers.

Le tribunal de police de Bruxelles a acquitté, jeudi dernier, le chauffeur d’un bus de la Stib qui avait renversé un cycliste en séjour illégal en juillet 2015, a déclaré lundi à l’agence Belga Me Dimitri de Béco, conseil de la victime. L’avocat du conducteur de bus avait plaidé l’acquittement car le cycliste était en séjour illégal en Belgique. "S’il n’avait pas été dans notre pays, l’accident n’aurait jamais eu lieu", avait-il soutenu à l’époque.

Mais ce n’est pas cet argument que le tribunal a retenu pour arriver à sa conclusion. "Le tribunal a estimé qu’il ressortait du dossier que mon client roulait trop vite et qu’il n’était pas sur la piste cyclable et, donc, que le chauffeur n’a pas pu prévoir l’obstacle, explique Me de Béco. Je vais maintenant discuter avec mon client et examiner l’opportunité de faire appel", ajoute-t-il.

Le 10 juillet 2015 , un accident s’était produit sur le boulevard Anspach, dans le centre de Bruxelles, impliquant un bus de la Stib et un cycliste. En tournant, le chauffeur a percuté le deux-roues, qui s’est écrasé contre son pare-brise. Le parquet de Bruxelles avait ensuite décidé de poursuivre le chauffeur de bus devant le tribunal de police pour coups et blessures involontaires.

La Stib s’était directement exprimée sur le sujet, considérant les propos tenus par la défense du chauffeur "intolérables". Un avis partagé par le ministre de la Mobilité, Pascal Smet (SPA). Une charte de valeur de la Stib est pourtant censée être connue des avocats qui travaillent pour la société de transports. L’avocat a d’ailleurs été convoqué et ne se verra plus confier de dossiers de la part de la Stib, d’après Pascal Smet.