Bruxelles Une situation qui pourrit la vie de nombreux Bruxellois qui ne parviennent plus à fermer l’œil de la nuit.  

Ce mardi en commission Environnement du Parlement bruxellois, Caroline Persoons (Défi), député bruxelloise, a interpellé la ministre de l'Environnement Céline Fremault (CDH) dans l'épineux dossier du survol aérien de Bruxelles.

"Je veux relayer la colère des habitants de tous les quartiers concernés, pilonnés par les vols, les atterrissages, les décollages. De Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert, Schaerbeek, Evere, Bruxelles, etc. Les réclamations se multiplient ou plutôt continuent et s’amplifient. Ras-le-bol", s'insurge la députée.

Il est ressorti que 97 % des vols de nuit en atterrissage sur la piste 01, censée être accessoire, sont en infraction par rapport à l'arrêté bruit, qui définit les normes de bruit au sol à respecter.

Par ailleurs, de nouveaux sonomètres ont été installés par la Région bruxelloise en octobre 2017. D’une part, un troisième sonomètre mobile a été installé à Woluwe-Saint-Lambert, rue de la Charrette, afin de mieux contrôler l’intensification du survol et de relever les infractions de dépassement des normes de bruit notamment pour ce qui concerne la route du virage à gauche empruntée par les avions décollant de Bruxelles-National. D’autre part, un sonomètre mobile a été installé à Woluwe Saint-Pierre en vue de mieux contrôler le dépassement des normes pour les atterrissages sur la piste 01.

Il est ressorti que pour le sonomètre installé rue de la Charette, 15 % des vols sont en infraction entre 23h à 6h, c'est-à-dire pour les décollages. "Nous dénonçons l'inertie du gouvernement fédéral et des ministres successifs qui n'ont fait aucune proposition pour améliorer la situation alors que c'est de la seule compétence du fédéral de proposer de nouvelles routes. Force est de constater que les ministres MR n'ont même pas réuni les entités compétentes en matière d'environnement et de santé", poursuit Caroline Persoons, qui exige que le survol de nuit de la Région soit interdit entre 22h à 7h, ainsi que le survol de la zone du canal soit supprimé.

Enfin, quelque 151 habitants de différentes communes de la capitale, via la plateforme des comités de quartier, ont déposé conjointement une plainte au tribunal contre Brussels Airport, l’État belge et Belgocontrol, dénonçant l’immobilisme dans ce dossier. Les plaignants dénoncent notamment des troubles du sommeil, des vibrations dans leurs logements et émettent des craintes quant à leur exposition à la pollution liée aux particules fines. Selon les plaignants, la loi n’est pas respectée puisque le niveau de bruit en journée et durant la nuit est dépassé.

Un plan inéquitable

Enfin, autre juge, autre jugement : une décision rendue en référé par un juge néerlandophone à la suite du recours de 5 communes de la périphérie nord (Vilvorde, Grimbergen, Machelen, Meise et Wemmel), appuyées par le gouvernement flamand, a jugé inéquitable le plan fédéral de répartition des vols actuel. La décision impose au gouvernement fédéral d’adapter les routes dans les 90 semaines, sous peine d’une astreinte de 50.000 euros par infraction. "Le juge impose aussi, ce qui est fort étonnant, la tenue d'états-généraux pour le 17 septembre au plus tard, avec un avis sur les futures routes, sur une "loi de la navigation aérienne" et un pacte sur l'avenir de l'aéroport de Zaventem", conclut Caroline Persoons.