Bruxelles Les faits se sont déroulés en novembre dernier mais n’ont été révélés par la commune que récemment.

L’émotion est vive du côté des parents et enseignants de l’école communale Les Sept Bonniers, à Forest, en Région bruxelloise : une centaine de parents d’élèves ont été reçus mardi soir à l’hôtel de ville au sujet de faits de mœurs tenus secrets par la commune, qui est le pouvoir organisateur. Le parquet de Bruxelles indique qu’une instruction est en cours.

Les faits présumés remontent à un voyage de classe verte organisé en Région liégeoise du 7 au 11 novembre 2017. Au retour du voyage, une enfant de 4 ans a fait état d’actes abusifs à ses parents. Ceux-ci l’ont conduite à l’hôpital et SOS Enfants a confirmé la suspicion d’abus. Les parents ont alors averti l’école le 13 novembre, un jour avant le départ d’un nouveau car d’élèves en partance en classe verte, au même endroit.

Mais du côté des parents, c’est l’incompréhension et ils reprochent le manque de transparence de la commune. "La volonté était de garder la gestion du dossier secrète pour permettre le travail des enquêteurs et éviter un effet de panique généralisé, rétorque Marc-Jean Ghyssels (PS), bourgmestre de Forest. Nous avons décidé de ne rien annuler et avons donné comme instructions aux instituteurs et accompagnateurs de surveiller davantage les enfants durant le second voyage, mais les parents reprochent à la commune qu’ils auraient tout de même dû être informés au préalable. Or nous ne voulions pas créer d’effet de panique."

C’est un mail anonyme envoyé aux parents d’élèves qui a mis le feu aux poudres et qui a révélé les soupçons d’affaire de mœurs au grand jour. "Quand des enfants vivent en collectivité et qu’il y a une suspicion d’abus, il est habituel d’informer les éducateurs les plus proches, les parents notamment, pour leur permettre d’être attentifs à des signes d’abus", estime Bernard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant, qui endosse le rôle de médiateur entre les parents et le pouvoir organisateur. "Je n’ai pas à leur reprocher le fait qu’il y a peut-être eu un abus, mais à partir du moment où il y a des suspicions d’abus, mettre les parents hors jeu est terrible. Ils se sont sentis trahis", regrette-t-il.

Une réunion a été organisée par le bourgmestre en compagnie des conseillers communaux ce mercredi soir afin d’exposer la situation, expliquer les raisons pour lesquelles ces faits présumés ont été tenus secrets, et analyser les mesures à prendre pour gérer cette affaire. "Nous allons écrire un courrier à tous les parents pour leur expliquer les suites. Une réunion qui va être organisée avec le délégué général aux droits de l’enfant et les représentants de l’association des parents pour expliquer la gestion d’après-crise. Par ailleurs, la présence de la psychologue va être renforcée afin de discuter avec les enfants et une équipe de la Fédération Wallonie Bruxelles va intervenir pour soutenir le personnel enseignant car cette situation est pénible pour eux aussi", conclut Marc-Jean Ghyssels.