Bruxelles

Globalement, l’état des piscines bruxelloises est satisfaisant.

L’eau des piscines - toutes catégories confondues - est bonne à Bruxelles. D’apres le rapport 2017 de Brulabo, 93,6 % des échantillons prélevés dans les 39 piscines contrôlées l’an dernier affichaient une qualité bactériologique satisfaisante. Il n’empêche, à 26 reprises, Brulabo a fait évacuer un bassin. "À quinze reprises, c’était à cause d’une absence ou d’une teneur trop faible en chlore; à cinq reprises, la teneur en chlore était trop élevée", commente le directeur du laboratoire bruxellois de chimie et de bactériologie Jacques Vivegnis. Seule une piscine communale a dû être évacuée l’an passé. Les autres évacuations concernent trois centres de bien-être, cinq centres thérapeutiques et quatre piscines privées - mais ouvertes au public.

Au niveau de la qualité microbiologique de l’eau, "la situation est comparable aux années précédentes, bien qu’en légère baisse par rapport aux trois dernières années", lit-on dans le rapport annuel de Brulabo. "Les quelques dépassements concernent une charge trop élevée en germes indicateurs de la désinfection, la présence de staphylocoques à coagulase positive et d’entérocoques intestinaux."

Sans surprise et comme les années précédentes, les petits bassins et les bassins thérapeutiques sont de moins bonne qualité bactériologique : respectivement 8,2 et 8,3 des échantillons non-satisfaisants. Brulabo a par ailleurs observé une détérioration de la qualité des pataugeoires et des bains à bulle dû à, dans la majorité des cas, à un déficit ponctuel de chloration. Ainsi, plus d’un bain à bulle testé sur deux (53,1 %) affichait en résultat non satisfaisant en teneur en chlore, note Brulabo, qui précise dans la foulée que cela n’a pas systématiquement de conséquence sur la qualité bactériologique de l’eau.

Dans son rapport annuel, Brulabo fait l’éloge d’une méthode de désinfection de l’eau par rayonnement ultraviolet, menée dans une piscine publique à Bruxelles. "Les résultats de nos contrôles montrent une réelle amélioration, la concentration moyenne en chlore combiné du petit bassin a diminué de plus de 50 %."

Cette méthode, à première vue efficace, améliore le confort des baigneurs et du personnel, diminue la consommation de produits de traitement de l’eau, l’apport en eau fraîche et en énergie pour la chauffer… À suivre de près, donc.

L'an passé, pool wasn't cool

Baptisée Pool is cool, la petite piscine extérieure installée au pied du Palais des Beaux-arts (Bozar) l’été dernier a dû être évacuée à trois reprises. "Entre juillet et septembre, nous avons été contraints de demander l’évacuation immédiate du bassin à trois reprises, que ce soit pour un excès ou une absence de chlore", constate Brulabo dans son rapport annuel. En réalité, le système de chloration ne fonctionnait pas. "Nous y avons mesuré la concentration en chlore libre la plus élevée depuis 2013, avec 44,3 mg/l, soit plus de dix fois la valeur limite d’évacuation." Le directeur de Brulabo Jacques Vivegnis rassure néanmoins les baigneurs de l’an passé. 

"Pour une piscine en plein air, le fait que la teneur en chlore soit trop élevée ne présente pas de risques pour les baigneurs." En revanche, "l’absence de chlore présente le risque de transmission de bactéries entre individus. Si l’eau n’est pas désinfectée, le bassin se transforme en bouillon de culture. Et les maladies se transmettent très rapidement." Vendredi dernier, Pool is cool avait organisé une petite trempette dans la fontaine en face de la gare du Nord. Les inspecteurs de Brulabo ne sont pas venus vérifier la qualité de l’eau. Plus largement, Brulabo rappelle "que la gestion d’un bassin de natation ouvert au public, qu’il soit intérieur ou extérieur, ne s’improvise pas et que la maîtrise de la qualité de l’eau […] est un préalable à l’exploitation d’un tel bassin".