Bruxelles Alors qu’il venait de déposer un festivalier à Tomorrowland, la police a décidé de saisir son véhicule. Plainte a été déposée au Comité P.

Vendredi dernier, le 27 juillet, Saïd, chauffeur Uber, va déposer une personne au festival Tomorrowland dans la commune de Boom. Une fois la course terminée, Saïd rejoint l’autoroute A12 en passant par des petites rues. Il tombe alors sur un barrage organisé par les policiers de l’arrondissement de Boom mené par une patrouille civile, et c’est à ce moment-là que la situation dégénère.

"Ils ont commencé à me demander ce que je faisais là, et j’ai répondu que j’étais conducteur Uber. Ils m’ont alors demandé pourquoi est-ce que mon véhicule était vide, et j’ai répondu que j’avais pour consigne de ne prendre aucun client pour le retour sur Bruxelles car cela ne nous est pas permis et que c’est illégal. J’ai alors montré mes documents à savoir celui du contrôle technique, l’assurance et la licence, qui étaient tous en ordre. J’ai également montré le bon de commande de la course Uber que je venais de réaliser, mais malgré ça, le policier a décidé de saisir ma voiture. ‘Je fais ce que je veux’, m’a-t-il dit ! La dépanneuse est alors arrivée et je me suis retrouvé seul sur le bord de la route, sans mon véhicule !", poursuit Saïd.

C’est finalement son patron, Fernando Redondo, qui est venu jusque Boom pour le récupérer. Un patron furieux contre les agissements de la police. "Samedi matin, j’ai téléphoné au commissariat de police de Boom et ai eu la chance de tomber sur une personne qui a fait le nécessaire pour savoir et me dire où était le véhicule, qui se trouvait à la fourrière de Willebroek. Jusqu’à ce moment, je ne savais pas si le véhicule avait bien été saisi ou s’il s’agissait d’une arnaque et d’un vol. Il est à noter aussi qu’aucun policier n’a voulu recueillir notre plainte mais nous a conseillé d’écrire au Procureur et/ou au Comité P, chose que nous avons fait !", explique Fernando, président de l’association belge des chauffeurs limousine. "Je dénonce avec virulence les agissements illégaux de certains policiers de Boom pendant le festival Tomorrowland ainsi que leur manière de faire d’un autre temps."

Ce lundi matin , Fernando et Saïd ont été récupérer le véhicule contre le paiement de la facture de 219.55 € établie par la firme de dépannage.

"D’après moi, lorsque le chauffeur est en ordre de documents, le véhicule ne peut être saisi. S’il a commis une infraction quelconque, il doit y avoir établissement d’un procès-verbal, chose qui n’a même pas été réalisée ! Nous nous insurgeons sur le fait qu’il y ait de nombreuses saisies de ce type tant pour les transports Limousine que pour les taxis. Nous sommes également étonnés que notre chauffeur n’a jamais reçu de procès-verbal et que le Procureur du Roi de Boom n’ait jamais été prévenu de la saisie de ce véhicule", poursuit Fernando, furieux.

"Nous nous posons, à juste titre, la question de savoir si certains policiers saisissent les véhicules à la tête du client ! Sont-ils de mèches avec certaines firmes de dépannage ? À qui profitent de tels agissements ?", conclut Fernando qui espère que la lumière sera faite sur cette situation.