Bruxelles Le nombre de PV dressés pour détention ou trafic de drogue a atteint des records en 2016.

C’est bien connu, le trafic de drogue est une des principales préoccupations des autorités bruxelloises. Preuve de ce constat : il n’y a jamais eu autant de PV dressés pour trafic ou détention de drogue qu’en 2016, selon des chiffres communiqués par la police fédérale. À titre de comparaison, plus de 8.000 PV ont été dressés l’année passée, contre moins de 5.000 en 2010.

La zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles est celle qui compte le plus grand nombre d’habitants, et dans laquelle le nombre de PV est logiquement le plus élevé. Le nombre a ainsi triplé dans la commune d’Ixelles en 7 ans, passant de 382 PV dressés en 2010 à 1.056 en 2016. "La lutte contre le trafic de stupéfiants est devenue une priorité de notre plan zonal de sécurité. On oriente toujours plus nos patrouilles en ce sens, ce qui justifie cette augmentation", explique la porte-parole de la zone.

Le phénomène est particulièrement interpellant dans la zone de police Ouest (Molenbeek, Ganshoren, Jette, Koekelberg et Berchem), où plus du triple de PV a été dressé entre 2010 et 2016 ! "Une dizaine de policiers composent la section stupéfiants au sein de la Brigade locale de recherche de la zone et ont pour mission principale de lutter contre le trafic de drogue", explique Johan Berckmans, porte-parole de cette zone de police.

De nombreux trafics se déroulent dans le quartier Ribaucourt et à proximité du boulevard Léopold II. "Nous avons surtout affaire à des trafics de marijuana et de cocaïne, voire d’héroïne, ajoute Johan Berckmans. Le nombre de contrôles a donc été augmenté, et nous avons rendu la présence policière plus visible. Mais depuis lors, on constate qu’il y a un déplacement de la criminalité vers le centre de Molenbeek, dans le quartier qui s’étend de la rue Piers jusqu’à la station de métro Étangs Noirs."

Même constat du côté de la zone de police Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert), où le nombre de PV a plus que doublé en 6 ans. "L’année passée, nous avons intensifié le nombre d’opérations de contrôle, en renforçant la présence policière dans des endroits signalés comme problématiques par des habitants. Il y a aussi, dans les trois communes, un investissement important au niveau des caméras de surveillance", explique Michaël Jonniaux, chef de corps de la zone.

Enfin, seule la zone Marlow (Auderghem, Uccle, Watermael-Boitsfort) connaît une diminution du nombre de PV entre 2010 et 2016. "Il convient de nuancer ces données. Le nombre de PV pour détention est en diminution, notamment du fait de la menace terroriste avec une visibilité accrue des policiers en rue. Résultat : les consommateurs se font plus discrets, explique Laurent Masset, porte-parole. Et puis, ce n’est pas une des priorités du plan zonal de sécurité. C’est un point d’attention, certes, mais vu la menace terroriste, on a effectivement diminué le nombre de contrôles pour faits de détention. Les contrôles pour trafic restent toutefois d’actualité. Une de nos patrouilles a par exemple interpellé un dealer en possession de près de 3 kg de cannabis vendredi dernier."


Un centre pour toxicomanes en 2018

Le projet de création d’un centre consacré à l’accueil des toxicomanes, prôné notamment par Ecolo depuis de nombreuses années, est en bonne voie. En effet, comme annoncé au début du mois, la Région bruxelloise négocie actuellement en vue d’acquérir un bâtiment qui devrait être opérationnel d’ici fin 2018. Un budget de 5 millions a été consacré. Le centre effectuera un travail d’accueil et d’accompagnement médico-psycho-social de toxicomanes, leur offrant même éventuellement un logement temporaire. Mais pour que ce projet voit le jour, il faut l’aval du gouvernement fédéral et modifier une vieille loi datant de 1921 qui punit pénalement ce type de dispositif en dehors du cadre expérimental.


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