Bruxelles

Une campagne de sensibilisation a été lancée pour inciter l'enregistrement et la stérilisation des chats.

Depuis le 1er janvier 2018, la stérilisation, l'enregistrement et l'identification des chats sont obligatoires en Région bruxelloise. Au total, 3.000 chats ont été enregistrés depuis le changement de législation, et 2.446 d'entre eux ont aussi été stérilisés.

Est-ce beaucoup? "Oui et non", répond Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d'État bruxelloise au Bien-être animal, "quand on sait qu'il y a 160.000 chats en Région bruxelloise, ça paraît peu. Si ces mesures sont devenues obligatoires, on constate que de nombreux propriétaires ne sont pas encore passés chez le vétérinaire pour effectuer le nécessaire. Après les choses évoluent. Depuis la nouvelle loi, il y a environ 500 chats en plus par mois qui sont enregistrés et stérilisés."

C'est dans ce cadre que Bianca Debaets a lancé ce vendredi une grande campagne de sensibilisation en vue d'inciter les Bruxellois à adopter ces réflexes avec leurs animaux de compagnie. Cette campagne durera trois semaines et sera visible sur des grands écrans digitaux dans cinq stations de métro, et se déclinera également sous la forme d'affiches et de brochures distribués aux vétérinaires et dans les refuges. "Le vétérinaire a un rôle de sensibilisation auprès du propriétaire, lui rappeler la législation et expliquer aux gens les bénéfices de faire stériliser son chat", explique Bianca Debaets.

Si les gens ne sont pas encore convaincus par le processus de stérilisation, c'est parce que de nombreux préjugés sur la question persistent. Beaucoup de gens pensent en effet que le caractère de leur chat va changer une fois qu'il sera stérilisé, ou encore qu'il ne grandira plus si le procédé est effectué de manière trop précoce. Pourtant, on apprend dans le cadre de cette campagne, qu'il existe au contraire, énormément d'avantages à stériliser son chat. "Les conséquences médicales de ne pas stériliser son chat et les avantages qu'il y a à le faire sont très claires", explique Séverine Dechamps, vétérinaire à Anderlecht, "il y a énormément de maladies sexuellement transmissibles mortelles comme le sida des chats, par exemple, pour lesquelles il n'existe pas de vaccin. Et puis le fait de castrer les mâles par exemple va diminuer les chances qu'il se batte avec un autre mâle, et donc moins de risque de graves blessures ou d'abcès. Ensuite, un chat qui a été opéré ne voudra plus marquer son territoire partout, ce qui est plus agréable pour le voisinage. Enfin, ça protège la femelle des pathologies de l'utérus et d'autres maladies sexuellement transmissibles. Une chatte qui n'est pas stérilisée est en chaleur constamment, ce qui constitue un certain mal-être chez elle."

La stérilisation et l'identification n'étant pas une habitude à Bruxelles jusqu'il y a peu, la Région s'est retrouvée avec un nombre beaucoup trop important de chats errants. Un phénomène qui a rapidement mené à des refuges surpeuplés, les obligeant à euthanasier 1.000 chats par an, soit trois par jour.

Pour contrôler cette surpopulation de chats à Bruxelles, et le vagabondage constant de ces félins, la Région a décidé de travailler avec un registre national qui s'appelle Cat-ID. Cette collaboration a mené à la création d'une base de données qui s'étend sur les trois régions. "C'est très important de travailler en collaboration avec les autres régions parce qu'un chat ne connait pas les frontières", commente Debaets. Il est d'ailleurs déjà arrivé qu'une dame de Woluwe-Saint-Lambert retrouve son chat de l'autre côté de la Belgique grâce à la puce identifiant l'animal.

"Il faut que les gens comprennent que ce processus d'identification et de stérilisation est doublement utile, et cruciale pour le bien-être animal. La puce placée lors de l'enrefistrement permet au propriétaire de retrouver un chat égaré beaucoup plus rapidement. Ensuite, la stérilisation est bénéfique pour la santé du chat", conclut la secrétaire d'État.