Bruxelles Un recours au Conseil d’État pourrait bien faire capoter le projet de carrière contenant des poissons d’eau douce.

Le nouveau concept du complexe Nemo 33 a du plomb dans l’aile. D’importants travaux sont actuellement en cours à l’arrière de cet établissement qui fait les beaux jours des plongeurs depuis 13 ans. "Nous construisons une sorte de carrière d’une vingtaine de mètres de profondeur avec la présence de poissons d’eau douce pour permettre aux plongeurs de poursuivre leur initiation dans des conditions réelles et de perfectionner leur apprentissage" , explique John Beernaerts, le concepteur de l’établissement. "Nemo 33, c’est la Rolls Royce des piscines, et ce projet est la Rolls Royce des carrières."

Mais aujourd’hui, John Beernaerts est inquiet et pour cause, son projet de carrière est menacé. "La commune de Drogenbos a introduit un recours au Conseil d’État et veut paralyser le projet car elle s’oppose aux permis d’urbanisme et d’environnement octroyés par la Région bruxelloise", ajoute John Beernaerts.

Mais des montants importants ont déjà été investis et les travaux sont déjà bien avancés. "Nous avons engagé plusieurs millions d’euros dans ce projet. Le chantier se déroule bien et nous sommes parvenus à maîtriser des situations techniques délicates pour construire la fosse qui fait aujourd’hui 21 mètres de profondeur et 25 mètres de diamètre", ajoute le concepteur de Nemo 33. "On fait quelque chose de positif pour la Région bruxelloise. Il s’agit d’un projet original qui va drainer du monde et créera 15 emplois. Nous avons déjà formé des milliers de nouveaux plongeurs à Nemo 33 qui souhaitent continuer leur expérience. Pour ça, ils ont besoin d’un endroit adapté à la plongée extérieure."

En outre, cette nouvelle infrastructure verra également l’installation de deux anciens wagons-lits achetés à la SNCB, qui permettront d’héberger une trentaine de plongeurs. Le projet prévoit aussi la construction d’une vingtaine de chambres dans le bâtiment principal, qui héberge déjà une cafétéria, un restaurant et des salles de réunion.

Le chantier va bon train, mais le dossier coince au niveau juridique, ce que déplore John Beernaerts. "C’est décevant car on me sollicite pour créer de la nouveauté en Belgique, mais on nous met en même temps des bâtons dans les roues. Le législateur a tout mis en place pour bloquer la situation", déplore John Beernaerts qui croise les doigts pour que son projet puisse toutefois voir le jour.

Réaction d'Alexis Calmeyn (LB), Bourgmestre de Drogenbos : “On veut trouver une conciliation”

“Nous avons introduit un recours auprès du Conseil d’État il y a environ deux ans et l’avis rendu par l’auditeur fin mai nous est favorable. Néanmoins, on cherche à trouver une conciliation et la commune pourrait retirer son recours à condition que Nemo 33 s’engage à respecter plusieurs points, comme le fait de ne pas mettre d’éolienne du côté de la rue de Stalle, de régulariser le nombre de places de parking, de limiter la capacité de logement à 45 lits au lieu de 70, que la fosse extérieure se limite à l’usage de la plongée, qu’une zone verte soit conservée entre l’établissement et les zones d’habitation et qu’il n’y ait pas d’enseigne lumineuse. Si Nemo 33 s’engage à scrupuleusement respecter ces points-là, alors on sera d’accord d’arrêter la procédure.”