Bruxelles

L'impact sur la mobilité est l'une de leurs principales préoccupations.

C’est un des dossiers emblématiques du développement urbanistique bruxellois. Droh!me, tel est le nom du projet ambitieux de développement du site de l’hippodrome de Boitsfort. C’est le ministre-Président socialiste, Charles Picqué, qui avait lancé le projet de reconversion du site, dont la Région bruxelloise est propriétaire, en un ensemble récréatif à destination d’un public familial.

Le projet, attribué dans le cadre d’un partenariat public-privé, en arrive à une étape cruciale : celle des attributions de permis. La commune d’Uccle organise cette concertation dont la commission se réunit ce vendredi. Le projet prévoit, outre des balades nature, une série d’activités sportives, culturelles, des espaces détente et des programmes d’éducation à la forêt. Séduisant mais inquiétant également, surtout en ce qui concerne l’impact des activités prévues sur le site sur la mobilité du quartier. Le dossier a donné lieu à un bon millier de demandes d’information de la part d’habitants, et certaines associations de riverains sont très hostiles au projet. Il semble que les esprits politiques commencent à s’échauffer également.

Aujourd’hui, c’est le parti Défi qui monte aux barricades. Ce n’est pas anodin car le parti d’Olivier Maingain est membre de la majorité régionale. In fine, c’est la Région qui devra délivrer le permis d’urbanisme. "Le projet Dro!hme est en train de se transformer en un projet essentiellement commercial et la multiplicité d’events privés dans un site classé Natura 2000 entraînera la dégradation tant de l’environnement que de la qualité de vie des riverains avec la saturation annoncée de la chaussée de la Hulpe", estime par exemple Emmanuel De Bock, membre de la majorité uccloise et chef de groupe Défi au Parlement bruxellois. Il est appuyé par Fabian Maingain, leader Défi (opposition) à la Ville de Bruxelles qui insiste sur la défense des intérêts des habitants du quartier Roosevelt. Côté Watermael-Boitsfort, Martine Payfa se joint aux deux premiers pour réclamer la réduction du projet qui, estime Défi, va trop loin par rapport à sa version initiale.

Cette charge, qui n’est sans doute pas étrangère à la proximité des élections communales de 2018, est jugée tout à fait incompréhensible par le promoteur visé, Droh!me Invest. "Ce projet est parfaitement transparent, réagit Michel Culot, CEO. Au contraire, nous avons tenu compte des 300 recommandations issues de l’étude d’incidence. L’impact du projet en matière de mobilité est une de nos principales préoccupations".

Et de rappeler que les événements organisés à l’hippodrome l’été dernier avaient été parfaitement gérés de ce point de vue-là. "C’est un projet équilibré qui n’a pas pour vocation de faire du profit", ajoute encore Michel Culot qui rappelle avoir été choisi après une procédure d’appel d’offres tout ce qu’il y a de plus normale il y a cinq ans.