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Daniel Desmedt s’est fait témoin de la transformation du Carré Tillens, de fond en comble

PORTRAIT Pour Daniel Desmedt, auteur du Dernier Carré - expo photo sise à l’espace Contretype et reprise dans un livre retraçant l’histoire du Carré Tillens – la photographie c’est non seulement un art, mais aussi la passion de toute une vie.

C’est à l’âge de 4 ans que ce bruxellois de souche est tombé dans la marmite des pellicules photo et depuis, le virus des clichés et des chambres noires ne l’ont jamais quitté. C’est avec l’usage de l’argentique que Daniel prend son pied.

Lui qui résiste au tout numérique explique que “la photo argentique, ça colle bien aux potagers. On photographie quelque chose avec la promesse ultérieure d’obtenir un bon cliché, comme les jardiniers qui plantent une graine et espèrent obtenir une belle plante fleurie plus tard” .

Bien que la photo a toujours été son centre d’intérêt principal, Daniel Desmedt n’en a pas fait sa profession. Par souci de liberté peut-être. Devenu psychiatre, il n’a pas pour autant délaissé sa ferveur pour son passe-temps. Et s’est mis à photographier tous azimuts les potagers du Carré Tillens depuis le début des années nonante, lorsque cet îlot pris en tenaille par la jungle urbaine était voué à la disparition à cause d’un projet immobilier.

“Pour enregistrer le souvenir de ce qui demeurait une zone de squat avec ses quelques potagers urbains et pour garder une trace de ses occupants qui avaient façonné son paysage, je me suis mis à photographier le jardin sous tous ses angles.”

Dans sa démarche photographique et sa préférence pour l’argentique, Daniel Desmedt a voulu capturer dans sa boîte noire l’évolution de ce jardin par rapport à l’évolution de son environnement alentour, la ville et ses dédales de béton.

“C’est un peu une démarche écologique mais, pour moi, c’est surtout une manière d’être témoin du temps qui passe, de suivre son courant.”

Le photographe affectionne le noir et blanc dans ses clichés, “une autre façon de voir la réalité” selon lui. Mais aime aussi la couleur pour sa spontanéité. Pour mieux capturer ce bout de terre idyllique qui change au gré des saisons et des cultures…

en savoir plus

Le Dernier Carré, jusqu’au 20 juin à l’espace Contretype. Infos : www.contretype.org.



© La Dernière Heure 2010