Un marché noir qui secoue Stalingrad

R. Le. Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Depuis trois ans, un marché noir fait son apparition au moment du ramadan, avenue de Stalingrad. La police veille désormais au grain

BRUXELLES-VILLE “C’est chaque année, tip top, quand le ramadan commence.” Cafetier dans le quartier de la place Rouppe, Donald voit se former le marché noir, au milieu de cet axe bruxellois, entre la gare du Midi et la place Rouppe.

Si lui n’y voit pas spécialement d’inconvénient, il n’en est pas de même pour Rachid, commerçant de l’autre côté de l’avenue. S’il refuse de parler de concurrence déloyale (“ils vendent des trucs à deux balles”, nous dit-il), c’est l’image du quartier que le marché noir renvoie qu’il regrette. “Les rassemblements que le marché noir provoque, ce n’est pas bon. Mieux vaut éviter; ça peut mener à des émeutes. Ce n’est pas joli à voir et ça gâche la sérénité du quartier. D’autant qu’ils vendent des trucs plutôt suspects.”

Pour Abdelkhader, riverain, c’est plutôt bon enfant. Et cela amène une bonne ambiance dans les rues, au moment de la rupture du jeûne, où les gens du quartier se retrouvent. “C’est convivial”, nous dit-il.

Les policiers de la zone Bruxelles-Ixelles n’ont, eux, pas tout à fait la même lecture de ce marché totalement illicite. Dimanche, équipé de matraques, de gaz lacrymo et de chiens policiers, ils auraient délogé les marchands ambulants.

Même grosse opération coup de poing, mardi soir vers 18 h. 132 vendeurs à la sauvette, dont la plupart sont en séjour illégal, ont ainsi été ont été interpellés mardi soir dans le centre de Bruxelles. Six personnes ont été placées en centre fermé à la demande de l’Office des étrangers. L’objectif ? “Éviter le développement de zones de non-droit et d’impunité”, a indiqué la zone de police à l’agence Belga.

Sur place, la police a saisi des denrées alimentaires, des objets portant encore des étiquettes et provenant vraisemblablement de vols à la tire, ainsi que des CD et DVD piratés. Hier vers 18 h, quelques personnes étaient d’ailleurs venues manifester contre les violences dont, selon eux, les marchands avaient été victimes.

Hier, la police est restée vigilante. C’est peu de l’écrire; une petite dizaine, environ, de combis de police, était présente sur la zone du marché noir.

Difficile de savoir pour combien de temps encore, les services de police resteront attentifs. Mais pour l’heure, le mot d’ordre est très clair : ce marché noir ne peut plus venir ternir l’avenue de Stalingrad.



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