Bruxelles

Près d’un tiers des Bruxellois vit avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté.

Le 18 juillet dernier, le député bruxellois Michel Colson (Défi) interpellait la ministre en charge de l’Action sociale Céline Fremault (CDH), à propos du plan de lutte contre la pauvreté. “Le plan Bruxellois de lutte contre la pauvreté est enfin déposé pour délibération au collège réuni qui se tiendra demain, jeudi 19 juillet 2018”, avait répondu la ministre. Depuis ce jour, ce programme d’action bruxellois de lutte contre la pauvreté 2014-2019 a bel et bien été approuvé, et entre, à mi-parcours donc, en application. “Ce plan a un double rôle”, explique le cabinet de Céline Fremault. “Il fait d’une part le bilan de ce qui a été fait concrètement depuis 2015, et en fait l’évaluation. Ensuite, il définit les objectifs concrets et chiffrables que l’on se donne, et les politiques que l’on va mener pour y arriver.”

Pour rappel, en application de l’Ordonnance du 20 juillet 2006 relative à l’élaboration du rapport sur l’état de la pauvreté dans la Région de Bruxelles-Capitale, un protocole d’accord a été conclu au début de la législature entre le Gouvernement bruxellois et les Collèges des trois commissions communautaires bruxelloises (Cocof, Cocom et VGC) en vue d’une politique commune en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. Depuis 2014, un groupe de travail intercabinet (GTI) permanent s’est réuni 18 fois pour finalement donner naissance au plan d’action voté jeudi dernier.

“À Bruxelles, environ un ménage sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Même si c’est un phénomène urbain assez fréquent, il est important d’avoir des objectifs concrets et différents leviers”, poursuit le cabinet de la ministre.

“Ce programme est divisé en cinq axes bien précis”, allant de la lutte contre la précarité au travers d’actions spécifiques, à la participation des personnes pauvres, en passant par la santé des publics précarisés et l’insertion professionnelle de ces derniers. En termes d’actions concrètes pour améliorer la question du sans-abrisme, par exemple, le GTI propose notamment une nouvelle disposition qui donne aux femmes battues une priorité d’accès aux logements sociaux, ou encore une mesure qui permet de donner des incitatifs financiers aux agences immobilières sociales qui offrent différentes opportunités aux sans-abris.

Enfin, le GTI aimerait aussi changer l’ordonnance qui régit l’organisation de ce plan d’action depuis 2006. “On veut modifier l’ordonnance en précisant qu’il faut beaucoup plus inclure les acteurs de la société civile, les associations et le CPAS dans la conception et la construction de ce plan. Ils sont aux premières loges de la réalité et nous permettront d’ériger des solutions cohérentes.”