Bruxelles En 1995, l’Arau publiait déjà des plans de réaménagement du viaduc Reyers

Début août, le nouveau ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), suspendait les travaux de rénovation du viaduc Reyers en raison d’une explosion des coûts. À sa demande, Bruxelles Mobilité doit comparer, d’ici le 25 août, les avantages de la rénovation avec une éventuelle démolition du viaduc.

Même si l’étude de l’option démolition était réclamée par les autorités schaerbeekoises depuis l’annonce des travaux en mai, la décision de Pascal Smet a surpris tout le monde. Pourtant, ce n’est pas la première fois que l’existence du viaduc Reyers est remise en cause.

Dès sa création en 1972, les riverains ont protesté, allant jusqu’à créer un comité de défense contre les viaducs urbains. Mais la mobilisation ne fut pas assez forte pour faire revenir Jos De Saeger (CVP), ministre des Travaux publics, sur sa décision.

En 1995, lors de l’annonce de travaux de réfection du viaduc, l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines) avait même publié des plans de réaménagement. "Le secrétaire d’État à l’Urbanisme, Willem Draps (MR), promit d’étudier la solution de l’Arau... Mais il ne sortit rien de cette promesse. Le projet de l’Arau reste valable aujourd’hui... Il suffit d’attendre", relate René Schoonbrodt, ancien président de l’Arau.

S’il faut encore attendre pour connaître la décision du gouvernement, les plans de l’Arau permettent déjà de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler l’après-viaduc. Selon ces plans, la circulation serait remise à niveau sur le boulevard Reyers qui serait agrémenté par des plantations et des bermes centrales dotées de pelouses.

Inspiré du square Vergote, le projet maintiendrait deux fois deux bandes dans chaque sens et une contre-allée de chaque côté pour desservir les immeubles riverains. Les flux de circulations entre les avenues de Roodebeek, des Cerisiers, du Diamant et Lacomblé seraient réglés par un rond-point de forme ovoïde. Quant aux piétons, ils ne devraient plus emprunter les sombres passages souterrains pour traverser Reyers grâce aux multiples passages piétons.

"Outre le fait de répartir autrement l’espace en surface, le démontage du viaduc permettrait d’apporter de la lumière naturelle dans la station Diamant, comme la Stib l’a fait à Rogier", ajoute Isabelle Pauthier, directrice de l’Arau, qui estime que les mentalités ont évolué depuis 1995. "Avec Pascal Smet, on sent un changement de génération. Il y a des chances qu’il fasse bouger le gouvernement bruxellois au sein duquel les plus conservateurs sont les socialistes."