Bruxelles Ilias, un sans-abri, s’est fait confisquer sa chienne par les policiers. Les riverains se mobilisent pour qu’on la lui rende.

Ilias, un sans-abri de 23 ans, est au bord de la crise de nerfs ! Et pour cause, cela fait maintenant six jours que des policiers de la zone Midi sont venus emporter sa chienne, prénommée Sheila. "Elle est tout ce qu’il me reste", nous explique ce jeune homme, décrit par le voisinage comme un "amoureux des animaux."

"Les policiers l’ont emporté, ainsi que ses neuf petits, suite à une plainte déposée par une dame qui prétendait qu’ils étaient maltraités. C’est totalement faux !", s’insurge Ilias, dépité, qui squatte depuis octobre un logement mis à disposition par le Foyer anderlechtois situé au 12 rue du symbole. C’est dans cette maison totalement délabrée que vit ce père de deux enfants, qui peut compter sur le soutien de nombreux riverains du quartier.

"Cette situation est scandaleuse", s’insurge André, 88 ans, "l’argument selon lequel ces chiens sont maltraités, privés de nourriture et d’eau est faux", déplore cet habitant de la maison d’en face. "Au début, quand on a vu Ilias dans cette maison à l’abandon, nous étions naturellement méfiants. Mais on s’est rapidement rendu compte que ce garçon était adorable et qu’il prenait soin de ses animaux", poursuit-il. "Nous lui fournissons un plat chaud tous les soirs et les habitants de la rue nourrissent ses animaux qui sont bien soignés", explique Lucienne, 80 ans, la compagne d’André.

Vendredi dernier, il est environ 14 heures lorsqu’une patrouille de police, accompagnée de la brigade canine, débarque dans la maison occupée par Ilias. Le jeune homme ne se trouvait pas dans le logement, mais bien ses chiens. Les policiers les ont alors emmenés avant de les placer chez Veeweyde, le refuge pour animaux.

"Lorsque je suis rentré, les policiers m’ont passé les menottes devant une cohorte de riverains interloqués par la situation, avant de me conduire au commissariat central de Démosthène. Je suis resté pendant 7 heures en cellule", explique Ilias. "Une fois sorti, les policiers m’ont expliqué que mes chiens avaient été déposés au refuge pour animaux où je devais les récupérer. Je dois désormais payer beaucoup d’argent pour les récupérer," déplore Ilias, qui peut compter sur la solidarité des riverains du nom de la même rue, qui ont l’intention de se cotiser pour que ce sans-abri puisse récupérer sa chienne de trois ans, appréciée et adoptée par tout le quartier.

Ce mercredi, Ilias s’est rendu au commissariat où les policiers lui ont expliqué qu’il doit impérativement disposer d’une adresse fixe pour récupérer Sheila, qui n’est donc pas prête de retrouver son maître tout de suite.

© DR