Bruxelles Depuis 2010, les quatre opérateurs de transport bruxellois se sont donné cet objectif. Qu’est-ce qui bloque ?

Un système de ticketing unique pour les trois opérateurs de transports régionaux, à savoir la Stib, Tec et De Lijn, et pour la SNCB en prime… C’est ce que suggère Défi dans sa proposition à la Région bruxelloise. "Le citoyen qui travaille ou va à l’école demande un trajet de bout en bout. Il n’habite que très rarement en face d’une gare et a son école ou son lieu de travail en face d’une autre", explique le député bruxellois Marc Loewenstein (Défi), à l’initiative de cette proposition. "Il faut un moyen de paiement unique quel que soit le transporteur. Il faut un prix qui reste le même que l’on utilise un ou deux opérateurs de transport en commun pour faire le même trajet."

Pour rappel , en 2008, la Stib a lancé Mobib, cette carte électronique rechargeable qui permet de se déplacer dans Bruxelles. Deux ans plus tard, les quatre opérateurs bruxellois se donnent un objectif : créer un système de ticketing commun à tous. La première étape ? Permettre aux Bruxellois d’installer des abonnements de chaque opérateur sur leur carte Mobib. Un citoyen peut ainsi combiner plusieurs abonnements, en n’ayant qu’une seule carte. Si cette première étape a été réalisée avec succès, rien ne semble bouger depuis.

Créée en 2010 par les quatre sociétés de transport public, Belgian Mobility Card ou BMC, a été chargée, en plus de la gestion de la carte Mobib, de réaliser cet objectif d’interopérabilité des transports publics belges. Pour ce faire elle dispose d’un budget d’environ 1,5 million d’euros par an. "Pour l’instant, notre tâche se limite à faire fonctionner ce système de carte qui combine plusieurs abonnements. On s’occupe de créer une communication entre les différents opérateurs, s’arranger pour que tout fonctionne", explique Pierre-Paul Bertieaux, responsable de BMC depuis deux ans et demi. "Aujourd’hui, si la carte Mobib est commune à Bruxelles, chacun a son propre système de ticketing, son propre fournisseur, son lecteur de badge, etc. Ça complique tout et ça coûte cher."

À l’instar de la France ou des Pays-Bas, Pierre-Paul Bertieaux rejoint donc le parti amarante dans sa volonté d’uniformiser le système pour les Bruxellois. "Je vois bien que ce qui bloque, c’est que les opérateurs ont peur d’une perte de revenu. Dans les autres pays, c’est le système politique qui a pris ses responsabilités."

Et d’après Marc Loewenstein, c’est un réel manque de volonté politique qui est la source du problème. "Aujourd’hui, il semble plus facile autour de Bruxelles de trouver plus de 3 milliards pour financer des infrastructures que de s’entendre pour créer un abonnement unique ou un ticket unique, s’insurge le député. Il faut que le politique se bouge, ait une volonté de négocier avec les acteurs des transports publics."