Bruxelles Panique au logement social dénonce de manière ludique la politique régionale en la matière et invite au débat.

Le Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH) a publié ce mardi une première bande dessinée, intitulée Panique au logement social, à la fois tragique et comique, afin de sensibiliser à la problématique du manque de logements sociaux en Région bruxelloise. "C’est un moyen ludique de conscientiser la population à cette problématique", explique Marie Coûteaux, co-scénariste et membre de cette ASBL qui regroupe une cinquantaine d’associations bilingues qui, chacune sur leurs terrains, défendent le droit à l’habitat et œuvrent pour un accès à un logement de qualité à prix abordable.

L’histoire, présentée avec des personnages dessinés de manière assez enfantine, est simple. Tout part d’un couple avec une femme enceinte qui cherche un logement en Région bruxelloise. Suite aux prix des loyers exorbitants, le couple se voit proposer un logement social. Seul bémol : le ménage a un temps d’attente estimé à… 10 ans avant de pouvoir être prioritaire. "En fait, ça fait longtemps que la liste d’attente augmente mais que le nombre de logements sociaux n’augmente pas", explique le RBDH. L’ASBL tacle au passage la Société du Logement de la Région bruxelloise (SLRB), représentée dans la BD par un super-héros dans le sens où elle est chargée d’acheter des terrains pour en faire du logement public, mais que trop de terrains sont, selon le RBDH, vendus à des promoteurs privés.

Le RBDH demande ainsi à ce que les terrains publics restent publics et ne soient pas, même partiellement, vendus aux promoteurs privés. "50 % des logements produits sur des terrains publics doivent être sociaux. La SLRB, vu ses difficultés, ne doit pas être seule à produire des logements sociaux. Des acteurs comme Citydev et le Fonds du logement pourraient aussi en avoir la mission", ajoute Carole Dumont, co-scénariste de la BD.

"Les prix du marché immobilier explosent en Région bruxelloise et, en parallèle, la demande en logements sociaux ne cesse de s’accroître. Via cette bande dessinée, c’est le manque de volonté politique pour la construction de nouveaux logements que nous condamnons", poursuit Marie Coûteaux.

Selon le RBDH, la Région annonce depuis longtemps la construction de plusieurs milliers de logements sociaux , "mais, dans les faits, Bruxelles plafonne à 111 nouvelles unités par an", ajoute Carole Dumont. L’excuse la plus souvent invoquée est la rareté du foncier dans la capitale. Mais cette excuse-là, le RBDH n’y croit plus. Ce qu’il manque à Bruxelles, ce ne sont pas des terrains, mais de la volonté politique pour faire aboutir les projets de logements sociaux !"