Bruxelles La classe de 6e primaire de l’école du Longchamp est la première classe francophone à s’entraîner à la dictée via Twitter.

Apprendre à ses élèves à écrire de manière irréprochable et avec une extrême précision, tout en faisant en sorte que ceux-ci y prennent beaucoup de plaisir : tel est le challenge qu’a réussi Samira Lkoutbi, une institutrice de l’école fondamentale uccloise du Longchamp. Celle-ci est devenue, l’année dernière, la première enseignante francophone du pays à utiliser Twitter pour ses cours de dictée. Une méthode révolutionnaire qui connaît un succès croissant, puisque 10 écoles francophones belges se sont désormais mises à la twictée, dont un 2e établissement bruxellois : le collège Saint-Michel.

C’est ainsi que tous les 15 jours, les différents élèves de Samira Lkoutbi ont droit à une séance de twictée : un exercice de dictée les mettant en interaction via Twitter avec deux autres classes participantes. Celles-ci peuvent tout aussi bien se trouver en Suisse, au Québec ou dans un autre pays francophone du monde.

Chaque classe reçoit alors la mission d’imaginer une dictée d’environ 140 caractères, soit la taille maximale d’un tweet, puis de soumettre celle-ci à l’une des deux autres classes. Au final, chaque twittclasse reçoit une twictée à rédiger, mais aussi une autre à corriger.

Ce mardi après-midi, les élèves de Samira Lkoutbi reçoivent une mission bien précise de la part de leur institutrice : ils ont 40 minutes pour réaliser une vidéo et un document explicatifs sur la twictée. "Une enseignante d’une école de Huy pense à utiliser la twictée. Vous devez réaliser des documents pour lui expliquer", leur annonce-t-elle.

Facile, expliquent ces enfants jonglant parfaitement avec le concept. "Il faut savoir faire des twoutils. Ce sont des petites mini-règles orthographiques qu’on doit écrire pour expliquer les fautes d’orthographe de la classe qu’on corrige", sourit Eya, 11 ans et demi. "Les enfants sont alors munis d’une tablette, doivent repérer les fautes, les identifier puis les catégoriser dans un twoutil. C’est un travail collectif", ajoute Samira Lkoutbi.

"La twictée, et c’est d’abord une dictée normale que l’institutrice nous donne, puis on se met en petits groupes pour corriger notre texte, et puis enfin en classe. Après on envoie notre texte via un tweet et on en reçoit un autre. C’est chouette !", indique Eya.

Assis à côté d’elle, Matheus et Daniela acquiescent : "Oui, c’est plus motivant qu’une simple dictée", indiquent-ils. Un peu plus loin, Bruno, Alissa et Chloé s’affairent aussi autour d’une tablette. "Nous faisons des twoutils. Il faut écrire les règles des fautes d’orthographe. Ce n’est pas si difficile mais il faut se concentrer", sourient-ils.

Alors que Samira Lkoutbi est convaincue que les twictées représentent l’avenir de l’enseignement, l’inspection pédagogique uccloise envisage de proposer le concept aux autres écoles communales. "Il s’agit d’une initiative de l’enseignante, mais je soutiens celle-ci à 100 %. C’est une belle aventure !", explique, de son côté, l’échevine de l’Enseignement, Joëlle Maison (Défi), présente ce mardi.


Une méthode qui entraîne les jeunes à être prudents sur Internet

À l’heure où les internautes manquent parfois de prudence lors de leurs publications et de leurs partages sur les réseaux sociaux, l’initiative de Samira Lkoutbi pourrait bien aider les jeunes à faire davantage de prudence sur Internet. "Avec la twictée, les enfants sont amenés à réfléchir longuement à ce qui va être envoyé sur Twitter. Ils intègrent le fait que l’orthographe doit être parfaite, mais également qu’on doit bien réfléchir avant de publier quelque chose", explique cette institutrice de l’école fondamentale l’école du Longchamp.

"Cela m’apprend à me protéger des dangers d’Internet", lance d’ailleurs immédiatement Enya, 11 ans et demi, lorsqu’elle est interrogée sur les avantages de la twictée. "On ne peut pas écrire n’importe quoi", ajoute-t-elle. "Oui, Internet peut être dangereux. Il faut faire attention !", confirme, à ses côtés, Daniela, 11 ans.