Bruxelles D’après une enquête menée par l’Université de Gand auprès de 425 Bruxelloises, 88 % d’entre elles disent avoir déjà été harcelées.

À Bruxelles, 88 % des femmes âgées de plus de 15 ans ont déjà été victimes - à une ou plusieurs reprises - d’intimidations à caractère sexuel - que ce soit en rue, au travail, dans leur club de sport, dans un centre commercial, à domicile, etc., ressort-il d’une enquête menée par l’Université de Gand sur le harcèlement sexuel à la demande de la secrétaire d’État en charge de l’Égalité des chances.

Au total , 425 femmes bruxelloises de 18 à 75 ans et représentant la population bruxelloise ont été interrogées en face à face pendant une heure environ. Cette effrayante statistique correspond parfaitement à l’enquête menée au début de l’année passée dans le cadre de l’enquête Mon expérience du sexisme menée en France et en Belgique : 98 % des 3.294 femmes interrogées affirmaient alors avoir déjà subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexuel.

Pire, à l’occasion des discussions menées par les chercheurs gantois, 30 % des femmes interrogées ajoutent qu’elles gardent de lourdes séquelles des actes de harcèlement subis. "Ce qui est encore plus frappant, dans cette enquête, c’est que 30 % des femmes ont indiqué qu’elles en souffraient encore aujourd’hui et que cela les obligeait à adapter leurs habitudes ou comportements", commente la secrétaire d’État en charge de l’Égalité des chances Bianca Debaets (CD&V).

De quelles habitudes ou comportements parle-t-on ici ? La tenue vestimentaire, les lieux fréquentés, les types de transports publics empruntés, les heures de sortie, etc. Pour Bianca Debaets, ce chiffre est "bien la preuve qu’il y a trop peu de respect pour les femmes" à Bruxelles. "Face à ces chiffres, qui nous interpellent très fortement, on peut déduire que le #MeToo n’est clairement pas un phénomène lié au hasard ni un phénomène de ‘mode’ ."

Pour mémoire, une application anti-harcèlement verra le jour au début du printemps à Bruxelles. Cette application fonctionnera sur le même mode que son homologue française HandsAway. En poussant sur l’icône représentant une main, un utilisateur pourra donner le signal qu’il subit personnellement une intimidation ou fournir un témoignage sur le harcèlement d’une autre personne. L’utilisateur devra ensuite indiquer s’il s’agit d’une agression physique ou verbale, préciser l’endroit (via la géolocalisation) où la situation problématique a eu lieu.

De plus , le signal pourra être renforcé à l’aide d’un message parlé ou écrit qui sera envoyé à d’autres usagers se trouvant dans le quartier. Ceux-ci recevront ensuite un signalement et pourront éventuellement décider d’intervenir en tant que Street angel ou d’aider la victime.