Bruxelles "Nous allons perdre chaque jour deux heures pour faire entrer et sortir du tunnel notre matériel pour le chantier", dixit Besix

La fermeture complète du tunnel Léopold II à Bruxelles pour toute la durée de sa rénovation aurait été plus efficace pour les entrepreneurs qui y seront actifs et aurait coûté moins cher. C’est ce qu’a confié vendredi Rik Vandenberghe, l’administrateur-délégué du groupe de construction Besix, en marge de la présentation des résultats annuels de son entreprise. Celle-ci fait partie du consortium auquel a été confié ce chantier d’envergure, qui s’étendra sur 39 mois.

Pour limiter un maximum les perturbations durant les travaux, le tunnel ne sera complètement fermé que durant les mois d’été de juillet et août, et ce durant trois ans. Le reste de l’année, il le sera également les nuits du dimanche au jeudi, de 22 h à 6 h le lendemain.

À l’inverse, il restera ouvert les jours de la semaine et les nuits du vendredi et du samedi. Au-delà de la rénovation et de l’étanchéité de la structure du tunnel construit en 1986 pour faire la jonction en sous-sol entre la basilique de Koekelberg et la Petite Ceinture, le chantier sera mis à profit pour mettre l’ouvrage d’art aux normes de sécurité imposées en Europe. On ajoutera par conséquent dix-sept sorties de secours au treize existantes, en en améliorant la visibilité. Le chantier aura un impact limité en surface.

"Il va de soi qu’une fermeture complète du tunnel aurait été plus intéressante pour nous d’un point de vue logistique. Nous allons en effet perdre chaque jour deux heures pour faire entrer et sortir du tunnel notre matériel pour le chantier. Ce défi logistique est gigantesque et rend aussi le projet plus onéreux. Mais nous comprenons bien sûr que d’autres aspects jouent", reconnaît Rik Vandenberghe.

Le tunnel Léopold II est le plus long du pays, avec 2,6 kilomètres. Quelque 40.000 véhicules y passent chaque jour. La Région bruxelloise aura déboursé à terme 462,6 millions d’euros dans l’opération, qui lui garantit le maintien à jour de cette imposante infrastructure souterraine et de ses équipements durant les 28 prochaines années.

Chantiers: Les commerçants mieux indemnisés

L’ordonnance chantiers est sur les rails. Les horaires de chantiers seront élargis

Le parlement bruxellois a autorisé vendredi la Région à mieux indemniser les commerçants touchés par les chantiers d’un mois et plus, à améliorer la coordination des chantiers, et à mieux anticiper leur impact en planifiant avec les impétrants l’ensemble des travaux sur cinq ans. Il a adopté sans hésitation, hormis celle du MR et de la N-VA qui se sont abstenus, un projet d’ordonnance élaboré à l’initiative des ministres des Travaux publics, Pascal Smet (SP.A), et de l’Économie, Didier Gosuin (DéFi).

L’ordonnance prévoit aussi d’élargir les horaires de travail pour réduire la durée de ces 120.000 chantiers par an. Ce dernier volet du projet est déjà inscrit dans les cahiers des charges des derniers chantiers, mais la Région entend y donner force de loi.

D’après Didier Gosuin, l’actuel dispositif hérité du fédéral - 73,30 € de dédommagement par jour de fermeture, seulement à condition que l’établissement ferme ses portes pendant minimum une semaine - n’était que très peu sollicité. Les petits commerces (moins de dix équivalents temps plein), dont la taille permet de présumer qu’ils sont plus vulnérables et dont l’accessibilité en voiture ou en transport en commun est sérieusement affectée par l’exécution d’un chantier de longue durée, percevront une indemnité forfaitaire, s’ils restent ouverts.

Celle-ci variera de 2.000 à 2.700 euros lorsque le chantier engendrera 29 jours d’interruption de circulation. L’aide sera reconductible tous les six mois.

Pascal Smet remercie la Flandre

La préparation du vaste chantier de la rénovation indispensable du tunnel Léopold II est effectuée de manière très professionnelle. La Flandre se montre très constructive dans la concertation qu’impose ce travail sur cet axe de pénétration. Les informations sur la fermeture de nuit seront diffusées après Pâques. Celles sur la fermeture proprement dite, prévue durant les grandes vacances, le seront deux mois auparavant, a affirmé hier le ministre de la Mobilité Pascal Smet (SP.A).

Pour le CDH qui siège dans la majorité des communes de Molenbeek, Ganshoren et Jette, Benoît Cerexhe a souligné que l’on parlait de ce chantier depuis 2012, mais qu’à un mois du démarrage des travaux on ignore toujours quel scénario sera adopté pour limiter la casse au niveau du trafic en surface. Catherine Moureaux (PS) a également exprimé son inquiétude, ne sachant pas lequel de trois scénarios envisagés serait retenu. Pascal Smet a souligné que la rénovation de cet imposant ouvrage d’art ne pouvait plus attendre. "J’aurais préféré, comme d’autres l’ont fait avant moi en 2012, ne pas entamer ces travaux à l’approche des élections, mais on ne peut demander à un ministre de ne pas tenir compte de la sécurité et de l’état du tunnel. Il ne s’agit en tout cas pas d’un dossier politique, mais technique. Ceux qui disent que l’on n’a pas géré le dossier professionnellement se trompent. L’an dernier on a désigné un hyper-coordinateur. On a aussi désigné les bureaux Stratec et Agora pour préparer le travail. Ce ne sont pas des clettes", a-t-il souligné.