Bruxelles L’émission qui faisait pourtant de bonnes audiences a été subitement arrêtée en 2012.

±Cyprien Wetchi est un petit peu amer. Avec Télé Matonge, le journaliste a livré chaque semaine à Télé Bruxelles de 2004 à 2012 une émission sur la communauté africaine de Bruxelles. Soit plus de 300 émissions.

Le souci, c’est que Cyprien l’a fait gracieusement. "Nous prenions tout à nos frais. Les journalistes n’étaient pas payés. Moi j’avais en parallèle une activité de DJ et je filmais les mariages et le peu d’argent que cela rapportait, je l’investissais dans l’émission", explique Cyprien.

La capsule de 12 minutes a ainsi durant 8 ans parfaitement rempli ses fonctions. D’abord celle de donner un coup de projecteur sur les communautés d’Afrique subsaharienne vivant à Bruxelles, des communautés dont on parle peu dans les médias traditionnels. On y avait un focus sur les événements culturels et sociaux et des témoignages permettant de mieux comprendre les Africains de Bruxelles.

Ensuite Télé Matonge a permis de mettre le pied à l’étrier à un certain nombre de personnes qui sont aujourd’hui de grands professionnels des médias.

En 2010 , une convention est passée avec Télé Bruxelles, elle laisse entrevoir une rémunération pour Cyprien et son équipe (4.000 € par émission), à condition que Télé Bruxelles obtienne les subsides de la Communauté française. Mais les subsides n’arrivent jamais et l’émission est subitement arrêtée en 2012.

Aujourd’hui, Cyprien aimerait bien faire table rase du passé et se tourner vers l’avenir. Il voudrait que BX1 reprogramme son émission (pas gratuitement cette fois évidemment) à la rentrée. Il faut dire que lorsqu’elle était programmée, l’émission n’avait pas à rougir de ses audiences et réalisait le troisième score de la chaîne régionale. Pour appuyer ses arguments, Cyprien a déjà récolté quelque 765 signatures. Il a aussi déjà élaboré un nouveau programme. "Plus de mixité entre la communauté africaine et les autres communautés. Faire de la prévention aussi. Nos enfants sont de plus en plus découragés quand ils finissent leurs études et ne trouvent pas de travail. Souvent ils se réfugient dans les mosquées ou les églises", conclut Cyprien.