Bruxelles La pièce de théâtre Souffrez-vous madame ? a été écrite par Marc Helsmoortel, pénaliste et dramaturge.

C’est l’histoire d’une magistrate qui se fait agresser par trois hommes en sortant du palais de justice, un soir de janvier. Elle se retrouve dans la rue, en sang : nez fracturé, visage défiguré, commotion. Par la même occasion, tous ses bijoux ont été volés. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite. Et pourtant…

Cette histoire, elle sort tout droit de l’imaginaire de Marc Helsmoortel, avocat pénaliste et dramaturge. Plongé dans l’univers du théâtre depuis sa plus tendre enfance, écrire des pièces lui paraît tout à fait naturel. Sa création jouée en ce moment s’intitule Souffrez-vous madame ou Présomption d’innocence. Elle a été finalisée en trois semaines, une bagatelle pour cet écrivain qui n’a pas moins de 23 pièces à son actif dont 15 qui ont pris vie sur des scènes de théâtre en Belgique et en France.

C’est dans le très discret théâtre de la Flûte Enchantée que la pièce de Marc Helsmoortel est à l’affiche. Son œuvre "qui dure une heure, pas plus", parle de la présomption d’innocence, pierre d’angle de la justice. "C’est une pièce qui est basée sur un fait divers dont on a énormément parlé. Je me suis dit que j’allais imaginer une fin moi-même. Il ne faut pas chercher l’issue de la vraie histoire là-dedans. En réalité, il n’y a toujours pas eu de jugement. Mais ma pièce part du principe qu’elle a été acquittée, faute de preuves", explique le dramaturge. La fiction dépasse donc la réalité dans cette pièce où il n’est jamais fait mention de Karin Gérard, "puisque c’est une fiction".

Dans la pièce, la magistrate est poursuivie par un policier, persuadé qu’elle a menti sur son agression et qui va tout mettre en œuvre pour la faire avouer. "C’est une pièce aussi bien policière que judiciaire. L’intrigue policière m’intéresse. Et savoir ce que la justice fait dans un cas pareil est intéressant aussi." Savant mélange entre des faits précis (c’est un pénaliste !) et de la fiction pure, le spectateur perd vite contact avec la réalité. Marc s’en réjouit.

Sur scène, deux acteurs brillants, Gérard Giantivi (qui a repris le rôle à 15 jours de la première, l’acteur tenant le rôle ayant eu un accident) et Jacqueline Préseau, font vivre ce texte rythmé. Le rythme et le mot juste, voilà les deux ingrédients principaux des textes du pénaliste. "Je construis des réponses qui vont extrêmement vite mais qui sont inattendues des spectateurs."

La pièce est à voir jusqu’au 15 avril, au théâtre de la Flûte Enchantée (18, rue du Printemps, Ixelles).

Le théâtre de la Flûte enchantée

On ne tombe pas par hasard sur le théâtre de la Flûte enchantée, situé au bout d’une allée cachée par une porte. Il accueille pourtant les visiteurs avec beaucoup de convivialité et de simplicité. Christian, le gérant (ou le balayeur en chef, comme il préfère se qualifier) accueille les visiteurs depuis l’arrière de son bar. La salle est minuscule : une cinquantaine de sièges déjà bien usés tout au plus. Pourtant, on s’y sent bien. On n’a pas d’autre choix que d’être proche des comédiens et c’est tant mieux ! Une petite friandise attend les spectateurs après chaque spectacle. À votre bon cœur, messieurs, dames, car le Théâtre n’est pas subsidié.