Bruxelles

Trois membres du CA remettent en cause les modalités de départ à la retraite de Serge Vilain, qui touchera 225.000€.

Mardi, le conseil d’administration de la SRIB – aujourd’hui dénommée finance.brussels “a approuvé, à l’unanimité des administrateurs présents, la proposition du gouvernement bruxellois de nommer Pierre Hermant comme administrateur-délégué, président du comité de direction et directeur général”, a brièvement communiqué la SRIB.

Ce qu’elle n’a pas dit, par contre, c’est que le vice-président du CA Walter Vandenbossche (CD&V) a donné sa démission dans la foulée, a-t-on appris de source sûre. Contacté, l’élu CD&V confirme l’information. Il ne lie pas son geste à la nomination du nouveau DG – “qui fera beaucoup de bien à la SRIB” – mais à une convention relative au départ de l’historique directeur-général Serge Vilain (PS), en retraite au 1er août.

Que dit cette convention ? Elle acte l’indemnité

de départ de Serge Vilain à 24 semaines (soit 150.000 euros) conformément à la loi. Elle y ajoute une indemnité complémentaire de 12 semaines (75.000 euros) en guise de remerciements pour ses longues années de service. Soit 225.000 euros au total, sans oublier une décharge juridique totale. En clair, si la nouvelle direction découvre quelques cadavres dans les placards, elle ne pourra pas attaquer Serge Vilain.

“Je ne conteste pas les 24 semaines”, commente l’élu anderlechtois. “C’est la loi. Pour les 12 semaines d’indemnités complémentaires, je me pose la question. Cela ne repose sur aucune base légale. J’ai demandé à la présidente du CA Isabelle Ferrant une garantie du gouvernement bruxellois, le commissaire du gouvernement nous a assuré que la décision ne serait pas remise en cause et Madame Ferrant a procédé au vote, fermant le débat alors que nous n’avons même pas eu une copie de cette convention. Je suis vice-président du CA de la SRIB, on ne m’a tenu au courant de rien ! Malgré la demande des membres du CA, on nous refuse l’accès à cette convention. Je n’ai jamais rien vu de tel. Peut-être y a-t-il d’autres éléments qu’il ne faudrait que l’on découvre dans ce document… Madame Ferrant et M. Vilain ont monté ça entre eux. Il s’agit tout de même de deniers publics. J’estime indispensable que le ministre bruxellois des Finances marque son accord !”

Un spécialiste de la question estime que toute société anonyme, même de droit public, est libre d’accorder ce genre de faveur à ses employés si le CA l’accepte. Mardi, cette fameuse convention n’a pas été votée à l’unanimité : 7 pour, 3 contre, une abstention. Contactée, Isabelle Ferrant a refusé de répondre à nos questions.