Bruxelles Des caméras intelligentes seront installées aux entrées des tunnels du prémétro.

Souvenez-vous : le lundi 22 février dernier, un automobiliste avait fait les gros titres en parcourant une distance de 1,8km dans les tunnels du prémétro entre les arrêts Jupiter et Gare du Midi, où sa Range Rover s’était retrouvée bloquée. Heureusement, l’incident n’avait fait aucun blessé.

Mais au-delà de son aspect cocasse, la situation pose des sérieuses questions sur la sécurité du réseau souterrain, a déclaré lundi le chef de groupe CDH au parlement bruxellois. "Dans le contexte de la menace terroriste, cette faille dans la sécurisation des stations est interpellante. On se rend compte que des stations sont donc accessibles à des automobilistes qui pourraient être, qui sait, animés d’intentions plus malveillantes à l’avenir", s’inquiète Benoît Cerexhe.

Dans une interpellation adressée au ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA), l’humaniste a voulu savoir quels sont les moyens mis en place pour empêcher, à l’avenir, les voitures d’emprunter les trémies d’accès des trams.

"Je voudrais d’abord dire que Bruxelles n’est pas la seule ville au monde où cela arrive. Sur les réseaux sociaux, certaines personnes ont fait de l’autobashing en disant qu’une telle chose n’est possible qu’à Bruxelles, mais c’est déjà arrivé à Toronto ou San Francisco, a d’abord relativisé le ministre. C’est un phénomène assez récent dû à la généralisation de véhicules de type SUV. Une voiture classique aurait été bloquée après 2 m. Deuxièmement, le conducteur du véhicule n’a absolument pas respecté la signalisation routière en vigueur et s’est introduit entre les arbres dans le site propre non franchissable du tram en escaladant un accotement en saillie. Il n’était pas dans le monde réel !"

Huit minutes se sont écoulées entre l’intrusion du véhicule dans le prémétro et sa neutralisation. "Je trouve aussi cela trop long", a déclaré Pascal Smet qui précise qu’une procédure d’intrusion a été enclenchée dès la détection du véhicule par les caméras de surveillance de la station Albert. Comme la raison pour laquelle la Range Rover a pu franchir autant de barrières physiques réside dans sa hauteur par rapport au sol, le ministre a chargé la Stib de lancer une étude pour identifier les mesures tenant compte de ce type de gabarit de véhicule.

À l’inverse , les voitures de petite taille peuvent aussi poser problème. Le soir du Nouvel An, une petite voiture électrique avait ainsi été poussée dans la station Clémenceau. "En ce qui concerne la sécurisation des accès de stations métro, j’ai donné mon accord de principe le 3 février pour la pose de dispositifs anti-intrusion devant les entrées. L’analyse de risque, l’estimation du budget et la planification d’intervention sont en cours. Après l’attribution du marché de fourniture, les travaux devraient débuter à partir du dernier trimestre. En surplus des caméras déjà présentes dans les stations, j’ai donné instruction d’y ajouter des caméras intelligentes aux accès des tunnels", a fait savoir Pascal Smet.


Mieux informer les sociétés de GPS

"Je suis mort de honte, mais j’ai suivi mon GPS", a déclaré le conducteur de la Range Rover au lendemain de son passage dans le prémétro. Selon Benoît Cerexhe (CDH), cet incident met aussi en lumière les problèmes de mises à jour des programmes de GPS après des modifications de voirie. "L’incident s’est déroulé avenue Jupiter où la Stib et la Région ont réaménagé la voirie. De quelle manière vos administrations et la Stib informent les sociétés de GPS sur les aménagements réalisés sur le réseau routier", a demandé le député au ministre bruxellois de la Mobilité. "Ce sont les gestionnaires de voires qui sont en charge de prévenir les sociétés de GPS des changements. À la Région, c’est le centre Mobiris qui les informe. Nous songeons à standardiser la procédure pour systématiser le transfert de données", a fait savoir Pascal Smet (SPA).