Bruxelles

Vivre avec 6 € par jour, soit 180 € par mois, telle est la contrainte que s’est fixée Carla Dejonghe (Open VLD) durant un mois.

Pourquoi décider de vivre avec un budget aussi serré ? "Je participais à une activité de l’ASBL Corvia (une association qui vient en aide aux personnes dans la précarité, NDLR), dont je suis la marraine. Je discutais avec Thérèse Van Belle, Miss sans-abri 2010, et je lui demandais comment elle faisait pour s’en sortir. Elle m’a répondu : Et si tu essayais pour voir ? J’ai donc décidé d’accepter sa proposition", explique la conseillère à Wolluwe-Saint-Pierre.

Il ne sera pourtant pas facile pour l’élue de réussir son défi. Miss SDF vit avec un revenu d’intégration, soit 835 € par mois. Une fois ses frais fixes retirés de son revenu (loyer, charges, médicaments, etc.), il lui reste 180 €.

La députée pourra néanmoins compter sur les conseils de Thérèse, qui essaie de joindre les deux bouts depuis de nombreuses années. "C’est très difficile. Il faut être bien organisé. Je conseillerais d’aller le premier jour acheter pour 50-60 € de nourriture non périssable. Comme ça, on a au moins à manger jusqu’à la fin du mois", conseille-t-elle.

Pour éviter de tricher, Carla Dejonghe a remis aujourd’hui à l’ASBL Corvia les clés de sa voiture et sa carte de banque, après avoir juste prélevé les fameux 180 €. Congélateur et armoire à provision ont également été mis sous clé jusqu’au 14 décembre. Pour ajouter au supplice, le thermostat de la politicienne ne pourra dépasser les 14 degrés. "Je continuerai tout de même à travailler normalement comme député et conseillère. Je prendrai les transports en commun avec mon abonnement fourni par le parlement."

Par contre, elle refusera la plupart des invitations et des loisirs qui lui seront proposés. "La pauvreté se marque aussi par l’exclusion sociale. Je souhaite être honnête avec moi-même et les autres. Le but ne sera pas d’être invitée plusieurs fois par semaine par ma famille ou mes amis. Ces derniers jours, j’ai déjà refusé quelques invitations. L’accord conclu entre l’ASBL Corvia et moi-même précise que je ne devrai pas être invitée plus de deux fois durant cette période."

Par cette initiative, l’élue espère attirer l’attention sur les conditions de vie des personnes en difficulté et, forte de son expérience, elle souhaite interpeller par la suite le gouvernement bruxellois sur le sujet. Et tant mieux si, au passage, on fait parler de soi…