Bruxelles Des analyses plus poussées du viaduc Herrmann-Debroux sont recommandées dans un rapport datant de mars 2016.

L’inspection approfondie du viaduc Herrmann-Debroux aurait-elle dû être réalisée plus tôt ? C’est la question qui a été posée par plusieurs députés bruxellois ce lundi en commission Infrastructures du Parlement bruxellois. Certains élus n’ont ainsi pas manqué de confronter le ministre régional de la Mobilité Pascal Smet (SPA) qui avait déclaré la semaine passée que les ponts bruxellois ne sont pas dans un si mauvais état que ce qui avait été suggéré par certains. Quelques jours plus tard, on apprenait la fermeture préventive du viaduc pour d’éventuels problèmes de stabilité sur une dizaine de mètres.

Hier, le ministre Smet a donc énuméré les inspections réalisées au cours des dernières années. En 2001, un rapport classait l’ouvrage d’art auderghemois dans la catégorie "Bon" sous réserve de vérifications à faire réaliser par un bureau d’études à propos de fissures dans les caissons. Toujours selon ce rapport, il était probable qu’à moyen terme la corrosion des armatures dans les caissons fasse descendre le viaduc dans la catégorie "Moyen". Les réparations requises à la suite de rapport avaient toutes été réalisées, a affirmé le ministre bruxellois.

Entre 2003 et 2016, il est principalement question d’entretiens faisant suite à des incidents. C’est donc surtout un rapport réalisé en mars 2016 qui a retenu l’attention des parlementaires. Limitée aux parties visibles et accessibles de l’ouvrage, l’inspection mettait en lumière des infiltrations en divers endroits, des traces de corrosion sur la partie inférieure du tablier, des fissures sur quelques piles en béton armé…

© DH
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"Hormis les quelques travaux d’entretien et de nettoyage, cet ouvrage est visuellement dans un état correct. Lors de notre inspection, nous n’avons pas pu examiner visuellement l’intérieur de tous les caissons ainsi que l’intérieur des deux culées", concluait ce rapport qui évoquait la possibilité que ce pont présente des défauts cachés.

Une inspection à l’intérieur du caisson était donc nécessaire mais celle-ci n’a eu lieu que 18 mois plus tard. Accusé par l’opposition MR d’inaction fautive, Pascal Smet (SPA) s’est défendu en expliquant qu’il était obligatoire de rédiger un cahier des charges et d’attribuer un marché pour effectuer ces examens complémentaires, ce qui a pris du temps.

La semaine passée, les inspecteurs de la société Seco ont notamment pu constater un délaminage de la dalle inférieure des caissons sur une longueur d’environ 10 m et une largeur de 2 m et une crevasse dans la voile externe. Ce bureau de contrôle technique dans la construction a recommandé de procéder sans délai à des investigations complémentaires afin de pouvoir se prononcer sur la stabilité résiduelle du pont. C’est donc ce rapport qui a mené à la fermeture préventive du rapport vendredi dernier. Les résultats des analyses plus poussées, confiées à l’Université de Liège, sont attendus pour mercredi.