Bruxelles Une pensionnée est en conflit avec Watermael-Boitsfort en raison d’émanations dans son logement.

Depuis un an et demi, Micheline (nom d’emprunt), est en conflit avec l’administration foncière de la commune de Watermael-Boitsfort concernant des odeurs jugées insupportables dans son appartement social situé à proximité de la place Weiner.

Et de fait, une enquête du Cripi, la cellule régionale d’intervention en pollution intérieure, fait état de hauts taux de formaldéhyde, un gaz incolore, suffocant et inflammable, et de CO2. "Les médecins que j’ai consultés ont également reconnu la toxicité des lieux", s’insurge Micheline.

Une situation particulièrement problématique pour cette pensionnée de 70 ans qui, de surcroît, présente une hypertension artérielle pulmonaire et est en permanence sous oxygène. "Cette situation me handicape énormément et je souffre d’irritations au niveau du palais, de plaques rouges au niveau des jambes, de sensation de brûlures sur le corps, de boutons au niveau du visage, de douleurs à l’estomac, de vertiges. Ces odeurs se font ressentir jusque dans ma chambre et étant donné que ma santé est très fragile, je ressens instantanément lorsqu’une odeur est toxique", détaille Micheline, qui envisage de chercher un nouveau logement si la situation reste en l’état.

Selon elle, la source de ces émanations toxiques provient de l’habitation d’un membre du voisinage, et ces odeurs s’infiltreraient jusque dans son appartement depuis la hotte de la cuisine et la ventilation de la salle de bains. Elle a donc fait appel à l’ambulance verte de Bruxelles Environnement qui s’est rendue à l’intérieur de l’appartement avec un capteur pour évaluer la situation. Les conclusions émanant du rapport que nous avons pu nous procurer sont les suivantes : le formaldéhyde mesuré dans le logement est non négligeable pour les personnes sensibles.

Le formaldéhyde provoque éternuement, toux, irritation mineure des yeux, irritation de la peau et des voies respiratoires. Il peut également avoir des conséquences néfastes sur le système neurologique. "J’ai par ailleurs demandé à la régie foncière de me procurer le schéma du bâtiment afin de voir si les aérations sont en situation régulière, mais ils n’ont jamais donné suite à ma demande", conclut-elle.

Contacté, le responsable de la régie foncière dit prendre le problème au sérieux et plusieurs actions ont été entreprises (voir ci-dessous). "Les émanations nocives n’émanent pas de notre bâtiment qui est tout à fait en ordre. Elles émanent soit d’autres utilisateurs, soit d’éléments qu’elle-même a placés dans son appartement et qui rejettent du formaldéhyde", explique Jean-François Jacques, responsable de la régie foncière.

"Nous avons dévié la ventilation en façade"

Cette problématique a été prise au sérieux par la commune de Watermael-Boitsfort et plusieurs actions ont déjà été entreprises pour régler la situation.

"Un important taux de formaldéhyde a été détecté par Bruxelles Environnement. Cette substance peut se trouver dans des meubles, dans de la colle, du plancher, et dans le tabac. En partant de ce rapport, on a constaté qu’elle avait des nouveaux meubles et que ça pouvait provenir en partie de ça. D’un autre côté, on a réalisé que des voisins au rez-de-chaussée sont fumeurs et qu’une partie de l’odeur de tabac pouvait se répandre jusqu’à son appartement depuis les conduits de ventilation", explique Jean-François Jacques, responsable de la régie foncière.

L’action de la commune a consisté à dévier directement la hotte et la ventilation de l’appartement des deux fumeurs vers la façade extérieure, afin que les odeurs n’arrivent plus à l’étage supérieur via les conduits de ventilation.

"Au-delà de cela, ce n’est pas une déficience du bâtiment, car il est en règle. Mais c’est plutôt un problème d’ordre comportemental de la part des deux fumeurs et on ne peut pas les obliger à ne plus fumer. On espère que la situation va s’améliorer maintenant que les travaux ont été réalisés. Par ailleurs, on ne nous a jamais communiqué les résultats finaux des prélèvements de Bruxelles Environnement et nous n’avons pas pu voir la proportion du problème", conclut Jean-François Jacques.