Bruxelles L’échéance rapprochée du bail emphytéotique met à mal certains commerces qui ne trouvent pas de repreneurs.

Les commerçants implantés aux alentours de la place Keym, à Watermael-Boitsfort, sont inquiets et pour cause, l’échéance rapprochée du bail emphytéotique, qui court jusqu’en juillet 2036, met à mal les commerces concernés : plusieurs surfaces commerciales ne retrouvent pas, ou très difficilement, de repreneurs et la situation se dégrade.

"La crainte est réelle que la commune ne reconduise pas le bail et que les cellules commerciales de la galerie se transforment en morne plaine", explique Eric Victoor, gérant du café-restaurant l’Artisan. "On paie pourtant des taxes chaque année, dont le cadastre qui est élevé. Nous sommes une dizaine de commerçants dans l’attente et cette situation est effarante."

Concrètement, en 1968, la commune a conclu un bail emphytéotique avec la société IBS pour une durée de 66 ans, débutant au 1er juillet 1970 et qui arrivera donc à expiration le 1er juillet 2036. Le bail porte sur une partie du fonds (surface) et du tréfonds (ce qui se trouve sous la surface) de la place Keym, à savoir la galerie commerçante et le parking.

Le bail prévoit que la commune deviendra propriétaire de l’ensemble des constructions érigées à l’échéance du bail et ce, sans devoir payer d’indemnités. La commune pourra alors librement disposer du terrain et des constructions. Elle pourra par exemple conclure une nouvelle emphytéose, vendre ou louer, tout ou partie du bâtiment.

Mais l’absence de réaction de la commune inquiète David Leisterh, tête de liste MR aux élections communales d’octobre et président du CPAS. "Un notaire vient d’être désigné par le collège pour analyser ce bail ancien et complexe et clarifier les options qui s’offrent à la commune. Je plaide pour que nous disposions de ses résultats le plus vite possible afin que nous puissions rapidement réunir les commerçants concernés pour voir avec eux quelle est la meilleure solution pour soutenir l’activité commerciale de la place. Ce dossier doit être traité en priorité", conclut David Leisterh.

Contacté, le bourgmestre Olivier Deleuze (Ecolo) confirme qu’un notaire a été désigné. "Ce dossier constituera une priorité après les élections car le notaire doit très clairement nous indiquer les marches à suivre, à savoir soit rallonger le bail, soit racheter les bâtiments, soit vendre", explique Olivier Deleuze qui se veut rassurant envers les commerçants.