Bruxelles

Après un an sans direction, l'établissement retrouvera une directrice en septembre prochain.

C'est une bonne nouvelle pour le centre scolaire Eddy Merckx: dès septembre, l'établissement qui roule en roue libre depuis un an sera finalement doté d'une nouvelle direction. Depuis plusieurs années, le centre scolaire Eddy Merckx fait couler beaucoup d'encre. Locaux laissés à l'abandon, instituteurs pas payés,...Les problèmes qui opposent le corps enseignant au Pouvoir Organisateur (PO) en charge de l'établissement sont nombreux. C'est donc un soulagement pour le centre et ses 80 enseignants, dont les rênes seront reprises dans deux mois par Maria Abecasis, prof depuis plusieurs années dans cette école en techniques éducatives et sciences sociales.

"Plusieurs écoles ont connu cette pénurie de direction, mais nous sommes bien la seule à n'avoir eu aucun remplaçant pendant un an. À vrai dire, personne n'osait se présenter car l'entente avec le PO est tellement mauvais que cela faisait peur à tout le monde", témoigne Olivier (nom d'emprunt), un professeur de l'école. Un climat de peur cultivé par le PO qui pousse les instituteurs à se taire, un manque de communication, et un réel problème d'organisation...C'est ce que dénonce ce  prof après de longues années d'expérience. "Le corps enseignant est à bout de force. Les burn-out et dépressions s'enchaînent, et les profs n'osent rien dire quand quelque chose ne va pas", poursuit-il. "Et le manque d'implication du PO est tel que quand notre directrice a démissionné et que nous nous sommes retrouvés sans direction, les parents n'ont été prévenus que six mois après que ça se soit passé."

Olivier fait d'ailleurs partie de ces enseignants qui ont organisé une interpellation citoyenne en 2017 pour aborder différents points au conseil communal (sécurité, gestation du bâtiment, etc.), en plus d'une lettre envoyée aux parents. "Cette lettre a provoqué un tollé général au niveau du PO", alors que l'interpellation, a elle, fait bouger quelques lignes. "2017 fut une année de tension, mais on a obtenu certaines petites choses...On a eu droit à un contrôle de sécurité et les extincteurs ont été remplacés. On a aussi eu des inspecteurs qui sont venus prendre la température au niveau du bien être au travail...Je vous laisse deviner les résultats."

Face à toutes ces accusations, Serge de Patoul (Défi), échevin de l'Enseignement à Woluwe-Saint-Pierre, responsable du PO avec Patrick Verhaevert, invoque un problème d'entente dans le corps enseignant. "Il y a eu quatre directeurs différents en douze ans...Je pense que ça annonce la couleur. Globalement, les enseignants de cette école ont un problème avec l'autorité que peut représenter une direction. Ce sont eux qui créent ce climat de peur. Et le taux d'échec exagéré dans cette école est à nouveau un signe qu'il y a un réel problème dans l'enseignement."

L'édile appelle donc les professeurs à travailler main dans la main avec la prochaine direction, et à prendre ses responsabilités, pour que les choses avancent et s'améliorent pour l'établissement. "Je pense aussi qu'il y a un problème plus global par rapport aux directions en Région bruxelloise, il y a une vraie pénurie. Et ça, c'est à cause de la Fédération Wallonie Bruxelles", conclut-il.

Pour rappel, la semaine dernière, le centre scolaire Eddy Merckx a fait l'objet d'accusation de la part de Transparencia, la plateforme belge chargée de la vérification de la transparence des politiques belges. Le collectif a invoqué la responsabilité du collège et de Serge de Patoul en particulier pour la mauvaise gérance des écoles communales, et spécialement de celle de l'établissement Eddy Merckx.