Bruxelles Najmeddine Jaber vit là depuis un mois : "Je suis bien, mais je ne sais pas ce qui m’attend".

En avril dernier, la première tiny house de la Région bruxelloise était inaugurée à Woluwe-Saint-Pierre. Le concept ? Une petite maison de 16 m2 entièrement construite pour offrir aux sans-abri un confort minimal. Une salle de bain, une cuisine et un espace libre pour faire entrer et sortir un lit pliant pour deux personnes, c’est ce dont est composé ce petit habitat destiné à offrir un logement de transit à ceux qui en ont besoin.

"Nous ne savons pas encore qui va habiter dedans", nous confiait Philippe Van Cranem, président du CPAS de la commune lors de l’inauguration.

Trois mois plus tard, nous retrouvons Najmeddine Jaber, un Tunisien de 27 ans, qui nous accueille chez lui dans la tiny house. "Avant qu’on me propose de venir vivre ici, je dormais depuis un mois sur un banc du parc de la Woluwe. Ici, j’ai un toit et je vis dans des conditions saines."

Najmeddine est arrivé en Belgique en 2014. Atteint d’une tumeur au genou et ne pouvant pas se faire opérer dans son propre pays, il a rejoint son père qui vivait déjà en Belgique, espérant que sa situation s’arrangera. "Mon père m’a dit qu’ici ça serait plus simple d’obtenir des soins. Mais, entre-temps, je ne suis toujours pas guéri et mon père est rentré au pays. En un clin d’œil je me suis retrouvé à la rue."

Le CPAS, qui suivait le cas de Najmeddine depuis plusieurs mois, a tout de suite pensé à lui comme premier candidat. "Quand on a entendu parler du projet, on s’est dit qu’on allait faire des listes et choisir en fonction de la situation de chacun. Mais la situation de Najmeddine est un cas de force majeure. S’il continuait à vivre ainsi dans la rue, ça aurait mal tourné" , commente Zelda Nguwo, assistant social au CPAS de Woluwe-Saint-Pierre.

Et si la santé n’est pas encore là et que Najmeddine s’interroge beaucoup sur son avenir en Belgique, il se sent dans cette tiny house comme chez lui. Des œufs dans le frigo, un synthétiseur sur la table et un poster accroché au mur… C’est un petit foyer que nous trouvons en ouvrant la porte. "Ici je peux prendre une douche chaude, je peux cuisiner, je peux dormir dans un vrai lit et, surtout, je peux jouer de la musique, produire… Ce que je préfère faire. Je suis bien, mais je ne sais pas ce qui m’attend", poursuit l’occupant des lieux.

Sans papiers et par conséquent sans emploi, Najmeddine Jaber n’est pas certain de son avenir. Alors qu’il est parti de son pays un diplôme en télécommunication en poche et un album de musique déjà créé, il se retrouve ici à ne pas savoir jusqu’à quand on l’acceptera. "Normalement, le contrat est de trois mois pour la tiny house. Mais c’est renouvelable, on est assez flexible. Si on voit que la situation de Monsieur Jaber n’a pas changé, on ne va évidemment pas le jeter dehors", explique Zelda Nguwo.

Aujourd’hui, Najmeddine attend. Il attend des nouvelles de l’immigration, et des nouvelles de son médecin. "J’ai tout rempli, je devrais être en ordre, mais rien ne vient. Je passe mes journées à attendre et à guetter mes mails. J’aimerais avoir une vie stable et que cette maladie s’arrête."

Et c’est tout ce qu’on lui souhaite…